Ouest-Tribune Le Premier Quotidien de l'Oranie

 

 

 

 

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Bouteflika à partir d’Oran
La prochaine législative sera aussi historique que le 1er Novembre 54
Dans un discours de plus d’une heure, le président de la République a qualifié la prochaine législative du 10 mai d’historique au même titre que la date du premier novembre 54.
Pourtant cette déclaration ne figurait pas dans le discours officiel dont copie a été remise à la presse. Elle révèle, cependant l’importance stratégique de cette échéance électorale d’autant que Bouteflika l’a appuyée d’un «si vous voulez le changement, faites donc», en s’adressant aux nombreux travailleurs venus l’acclamer.
Cette élection, dira-t-il encore, vient séparer deux ères, il est temps d’opérer la rupture et d’en finir avec la mentalité rétrograde et les comportements malsains, a t-il ajouté, prenant à témoin une assistance chauffée à blanc et qui ne cessait de l’ovationner et de l’appeler à un quatrième mandat. Mais il ne semblait pas les suivre, répétant plusieurs fois que seul Dieu est éternel et en parlant à la première personne du pluriel, notre temps est révolu «tab jnanna» clamait-il. Est-ce à dire qu’il ne compte pas se représenter?
C’est en tout cas, ce que tout le monde a compris ce 23 février 2012 dans la salle omnisports où se tenait la cérémonie officielle de la commémoration du 41ème anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures et le 56ème de la création de l’UGTA. D’aucuns n’ont pas hésité à qualifier son discours d’un SOS, voulant dire sauvez ce pays qui ne doit pas revivre l’expérience amère dont il a fait les frais et de laquelle il s’en est sorti non sans mal et sans l’aide de personne, surtout qu’il a fait allusion à la conjoncture internationale très difficile et dangereuse ainsi qu’à l’ingérence étrangère qu’il faut éviter à tous prix en allant voter massivement. La crédibilité du pays est sur la balance, car, les yeux du monde entier sont braqués sur nous et nous ne pouvons rater le coche, martela t-il, soulignant le caractère capital de cette échéance. Le parlement, qui sera issu de la prochaine législative, sera, selon le président, pluriel, démocratique, diversifié et représentatif et il faut qu’il le soit, tonna-t-il pour être apte à valider la nouvelle constitution qui jettera les bases d’un nouveau départ «plus qualifié, surtout plus à même de poursuivre sa mission législative d’adaptation et de développement du dispositif législatif du pays, en adéquation avec les mutations que connaît la société, la progression des réformes politiques et les exigences du développement accéléré»...
«Dans le cas contraire, le bateau coulera», a t-il souligné, sortant encore une fois du discours officiel. Evoquant le rôle de l’administration, il dira que celle-ci se doit de s’en tenir à la neutralité comme elle se doit «de réunir les moyens nécessaires et les conditions idoines pour la réussite de cet évènement, mais il appartient, en premier lieu, aux partis de mobiliser de larges franges du peuple et de gagner les voix des électeurs», a précisé le chef de l’Etat, les exhortant à présenter des programmes et candidats crédibles, ajoutant que «le mouvement associatif a, lui aussi, une part de responsabilité en assumant son rôle vital d’encadrement et de sensibilisation des citoyens» au même titre que «les médias, tous types confondus, qui ont pour devoir professionnel et national d’informer et de sensibiliser les citoyens à l’importance et à la portée du scrutin». Rappelant que des instructions fermes ont été données pour garantir un scrutin honnête et transparent, il dira ne permettre à personne de les transgresser et que des comptes seront rendus par tous ceux qui les enfreindraient.
Le sort et le destin du pays se joueront à cette occasion, il n’omettra pas de rappeler que la supervision du processus électoral par l’appareil judiciaire sera un véritable test de la crédibilité pour la justice et une opportunité pour renforcer son rôle vital dans la consécration de la démocratie et la promotion des droits politiques dans la société». Des impressions et avis que nous avons recueillis à la fin de ces déclarations, qui n’ont laissé personne indifférent, il nous a été donné de comprendre que le président lui-même veut un changement vers le qualitatif, recommandant au peuple de s’assumer et d’en finir avec la médiocrité faisant clairement allusion au peu ou pas de représentativité des élus actuels, tant locaux que nationaux. Un vieux syndicaliste retraité nous l’a spécifié, d’une manière on ne peut plus significative.
La commémoration du double anniversaire a vu la présence de pas moins de huit ministres et du vice-premier ministre Yazid Zerhouni ainsi que le frère-conseiller du président, Said.
A un moment donné, le Secrétaire Général de l’ONM, paraissant affecté puisque accompagné par un assistant ne le lâchant pas d’une semelle, a été aperçu parmi les officiels. Le déplacement du président à Oran a été mis à profit pour lui permettre de procéder au lancement et à la pose des premières pierres de quelques projets, tels celui du M.A.O de Belgaid, les 21000 logements et les 3000 places pédagogiques de Belgaid. Le centre de développement spatial a, lui aussi, fait l’objet d’une visite où le directeur général de l’ASA (Agence Spatiale Algérienne), Oussedik Azzedine a fait une importante et brillante présentation sur le bilan et les perspectives à moyen terme de ce secteur stratégique. Le président s’est enfin rendu à la base navale de Mers-El-Kébir inspectant des projets militaires où il n’a pas été permis, pour des raisons de confidentialité, nous a-t-on dit, à la presse d’être présente.

Hakim Ghali

 

 

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