Ouest-Tribune Le Premier Quotidien de l'Oranie

 

 

 

 

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Les patrons des entreprises publiques industrielles mis devant leur responsabilité
Sellal sonne la fin de la récré
C’est un Abdelmalek Sellal bien agacé qui a réuni ce jeudi les présidents des directoires de 26 SGP. Le secteur industriel algérien est toujours à la traine et c’est ce que voulait faire comprendre le Premier ministre aux patrons du secteur public.
C’est avec des termes crus et directs que le chef de l’exécutif s’est adressé à l’assistance bien mal à l’aise d’entendre ses vérités et lacunes de la bouche du Premier ministre pas du tout satisfait de la léthargie dans laquelle baigne ce secteur si stratégique pour le pays et pour tout son devenir.
Les mots de médiocrités, de retard, de manque, de recul, mauvaises utilisations de plans de charges très coûteux pour l’Etat, de performances médiocres inexpliquées, de manque d’agressivité dans les marchés, d’incapacité à créer des emplois. Le Premier ministre a été sans concession dans son diagnostic.
Pour ce, il a appelé les entreprises publiques industrielles à «passer à la vitesse supérieure» en termes de développement et de création d’emplois et ne plus continuer à «faire dans la médiocrité»
«L’Algérie continuera à compter sur le secteur public qu’elle maintiendra en force, mais ce secteur ne doit plus faire dans la médiocrité (...), il gagnerait à se conformer rapidement aux orientations du plan (d’action) du gouvernement notamment en matière de création d’emplois et de croissance hors hydrocarbures» a-t-il souligné.
Se voulant direct et avec un franc parler qui ne laisse aucune place au doute, Sellal a reconnu que le secteur industriel public «n’évolue pas comme le souhaite le gouvernement». Il a notamment déploré devant les responsables des entreprises industrielles et en présence de membres de son gouvernement, le fait que des filiales industrielles publiques continuent d’enregistrer des reculs dans leur niveau de production alors qu’elles ont bénéficié de plans de charges très coûteux pour l’Etat.
Le recul ainsi enregistré dans les filières métallurgie, ciment, phosphate ou encore agro-industrie s’avère donc «complètement inexpliqué» a-t-il relevé.
«Beaucoup d’argent a été dépensé mais les indicateurs de gestion des entreprises publiques restent en deçà de nos attentes» a-t-il regretté.
Il faudrait dès lors que ces entreprises améliorent leur management, s’orientent davantage vers le partenariat et adoptent une attitude plus audacieuse en termes d’initiative économique.
«Il ne faut pas continuer à penser que tout doit venir de l’Etat, l’entreprise publique doit faire face à son marché, développer son contrôle interne et adopter une gestion économique plus moderne et plus souple» a soutenu de son côté le ministre des Finances Karim Djoudi.
Le premier argentier du pays a profité de l’occasion pour rappeler l’effort financier engagé par l’Etat ces dernières années pour assainir, à concours de plus de 1.000 milliards de DA, les situations financières du secteur public.
Ainsi, 900 milliards (mds) DA ont été consacrés à cet assainissement auxquels s’ajoutent 60 mds de DA pour le soutien des fonds de roulement et 29 mds de DA pour la prise en charge des agios bancaires impayés.
Et, avec un engagement bancaire de 2.138 mds de DA au profit du secteur public, le gouvernement aurait souhaité avoir un bon niveau de dividendes versé au Trésor public a dit M. Djoudi.
Or, le montant des dividendes versé au budget de l’Etat en 2011 par le secteur public industriel n’a pas dépassé 1,4 md de DA contre une trentaine de milliards de DA versés par les banques a-t-il relevé.
La majorité des responsables des SGP qui sont intervenus lors de la réunion, ont expliqué que la situation déficitaire des entreprises publiques entravait leur développement dans le passé. Ils ont tout de même reconnu que ce genre d’entraves n’existe plus aujourd’hui ce qui conduira, selon eux, à réaliser des progrès importants en production et en termes de création d’emplois dans le futur.
Ils ont déploré par contre l’ampleur du marché informel en Algérie et ont proposé la défiscalisation de certaines activités industrielles. M. Sellal a laissé entendre que la suppression de certains impôts, comme la TVA, n’était pas une option future pour le gouvernement.
«Je ne proposerai jamais de réduire la TVA par exemple car c’est une taxe qui génère des ressources importantes pour le budget de l’Etat» a-t-il dit. Pour récapituler les attentes de l’exécutif vis-à-vis des entreprises industrielles publiques, M. Sellal dira que «la bataille de l’Algérie tourne actuellement autour de la création d’emplois. Il faut donc que le secteur industriel public fasse le maximum pour l’emploi surtout au profit des jeunes». Le discours était assez dur et on n’en doute pas a été bien assimilé par les présents qui ont été mis devant leurs responsabilité car l’Algérie ne peut plus se permettre d’attendre et doit amorcer réellement sa politique qui consiste à en finir avec sa dépendance ravageuse des hydrocarbures.