Le
pouvoir et ses «observateurs»
Y’a-t-il communication entre le
pouvoir politique et les «observateurs» de la scène
nationale? A voir les déclarations du premier et les
«analyses» des seconds, force est de constater que
le courant ne passe pas très bien entre les deux
sphères. Les «observateurs» donnent, en effet,
l’impression de ne jamais croire les informations
que donnent les responsables du gouvernement et des
institutions élues. Ces derniers affichent une
attitude, il faut dire, par trop approximative et
leurs déclarations restent le plus souvent évasives
et sans impact réel sur l’opinion nationale. «Le
président va bien et rentrera bientôt au pays» est
l’expression leitmotiv des tenants du pouvoir. Mais
«le bientôt» a le goût de l’intemporalité. Du coup,
on ne sait plus quoi penser en face. Comment faut-il
lire ce «bientôt». Et c’est comme ça que nos
«observateurs» ouvrent la porte du complot
permanent, de la guerre de succession, du mensonge
d’Etat, de l’irresponsabilité du pouvoir devant
l’histoire et Dieu sait quoi encore comme tare que
rien ne vient confirmer dans le quotidien du citoyen
ou tout simplement dans les travers du pouvoir
lui-même.
En un mot comme en mille, il se dégage une
impression de dialogue de sourd. Chacun dit ce qu’il
a envie et s’en fiche si la société accorde de
l’importance ou pas à son discours. Le pouvoir et
les commentateurs de la vie politique nationale se
jettent à la figure des accusations souvent
gratuites, s’insultent presque, se donnant en
spectacle à une opinion publique que ne sait plus
quoi penser de la situation politique de son pays.
Cet état de fait est nécessairement lié à une
absence totale de communication entre deux sphères
importantes de la vie publique nationale. La société
a, véritablement, besoin d’une classe politique qui
s’exprime clairement et d’une corporation
d’«observateurs» qui doit commenter la vie politique
et non pas imaginer des scénarios abracadabrants.
Par Smaïl
Daoudi