Ouest-Tribune Le Premier Quotidien de l'Oranie Edition N°  4861 du 08 Mars  2010

 

*** Une des meilleures communautés musulmanes en Occident   *** «Une opération de blanchiment de l’histoire sanguinaire du royaume du Maroc» *** «L’égalité des droits et des chances pour les femmes doit être une priorité de toutes les politiques» *** « Nous demandons l’appui de l’Algérie pour mener à bien la période de transition au Niger » *** Le colonialisme est un «crime contre l’humanité»  *** Le conseil de wilaya du CNAPEST opte pour la poursuite de la grève  *** Les relations algéro-mauritaniennes «historiques» et «séculaires» ***

 

 

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Tant que le sous-sol…

On leur offrira une rose. On leur fera un sourire. On tentera d’être gentil avec elles. On partagera leur journée. Ce sera beau sûrement, mais ceci ne peut occulter les souffrances des femmes algériennes. Cet être mineur qui se cherche encore une place dans cette société de mâles, faite pour les mâles.
Une journée qui ne peut nous faire oublier ce qu’endurent des milliers, voire des millions de femmes quotidiennement sous le toit d’un époux coléreux, d’un père despote ou d’un frère autoritaire. Tout est excuse pour l’homme pour déferler toute sa haine et sa colère sur cet être accusé de tous les maux et de tous les déshonneurs.
Elles sont des milliers à souffrir en silence, à ne jamais élever la voix, à ne jamais oser, ni se plaindre ni se révolter. Il faut dire que dans notre société une femme de bonne famille se doit de se taire même si elle subit les plus atroces supplices physiques et psychologiques. Le malheur de ces femmes c’est qu’elles sont elles mêmes complices de cet état des faits. Elles restent convaincues que tel est leur sort. Que tel est leur destin. Elles s’y plaisent presque dans leur statut. Ce statut voulu par l’homme pour exercer sa mainmise totale sur elles.
Certains diront que la femme algérienne de 2010 n’a rien à voir avec celle des années soixante. Elle a beaucoup évolué, qu’elle a arraché des droits, qu’elle est partout présente dans la vie active.
Oui répondrons-nous, elle est ce que vous dites aujourd’hui. Mais elle ne l’est que grâce à l’homme. C’est toujours lui qui règle sa vie, c’est toujours lui qui décide pour elle, c’est toujours lui qui lui donne ou la prive. Il est le seul qui régente sa vie et peut en faire ce qu’il veut et ce qu’il entend. Des carrés de liberté, elle en a arraché, on vous le consent. Mais que pèsent quelques carrés dans l’immensité d’un océan d’injustice et de brimades?
Le chemin de la lutte est encore long et ardu. La femme algérienne a encore à souffrir, à faire d’autres sacrifices, à changer son statut d’être mineur. Elle y arrivera peut-être un jour, mais d’ici là elle a surtout besoin d’un peu plus de respect et d’égard de la part de ceux qu’elle a enfantés et chéris.
Aujourd’hui, on vous offrira une rose et demain ce sera un autre jour. Mais n’empêche, ne vous gâchons pas votre journée et bonne fête quand même mesdames.





 

Par  Smaïl DAOUDI

 

 

 

 

 

 


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