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Le jeux pas
très net de Paris
Alors que les
pays concernés par l’Union pour la Méditerranée discutent du
projet à Sarajevo, Paris veut tirer la couverture vers elle en
négociant, avant l’heure, le pays où l’organisation devrait
avoir son siège. Ainsi, le secrétaire d’Etat français à la
Coopération et à la Francophonie , Alain Joyandet estime que son
pays « juge la candidature de la Tunisie comme une candidature
particulièrement intéressante et qui a beaucoup d’atouts».
L’attitude française est doublement bizarre. D’abord cette
tendance à faire dire à un ministre de la Francophonie une
déclaration sur l’UPM peut très bien signifier que la France qui
tient déjà les brides de l’OIF veut lui calquer la destinée de
l’UPM, histoire de garder main basse non pas seulement sur sa «
zone » d’influence traditionnelle, mais l’ouvrir à tout l’espace
méditerranéen.
Il faut savoir que même si le pays qui abritera le siège
permanent du secrétariat de l’UPM sera choisi « par consensus »
à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union
prévue le 3 novembre à Marseille, dans le sud de la France ,
certains signaux destinés à des pays « influençables », aux fins
de garder un maximum d’autorité au sein de la future
organisation, n’est pas du tout à écarter. Loin des beaux
discours sur les grandes œuvres que pourraient accomplir les
pays concernés par le projet, il y a les petits calculs d’Etat
qui, souvent, réduisent à leur plus simple expression les rêves
des peuples. Le processus de Barcelone qui a servi à verrouiller
l’Europe est un exemple édifiant.
Pour l’heure, l’on est pas encore là, mais lorsqu’on apprend que
le secrétaire d’Etat français à la francophonie n’afait que
parler de la candidature de Tunis à abriter le siège de l’UPM,
l’on se permet d’emettre quelque doutes quant aux « grandes
ambitions » de l’espace méditerranéen.
Ce n’est pas que Tunis ne mérite pas d’être la capitale de la
Méditerréane , mais la démarche française qui tend à limiter les
candidatures à ce seul pays, est suspecte.
Il faut rappeler que outre Tunis, Barcelone , Marseille,
Bruxelles, La Valette et Rabat sont encore dans la course. Mais
les 120 millions d’euros d’aide publique française à la Tunisie
doivent bien servir à quelque chose.
Par
Smaïl DAOUDI
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