
On leur offrira une rose. On leur fera un sourire.
On tentera d’être gentil avec elles. On partagera
leur journée. Ce sera beau sûrement, mais ceci ne
peut occulter les souffrances des femmes
algériennes. Cet être mineur qui se cherche encore
une place dans cette société de mâles, faite pour
les mâles.
Une journée qui ne peut nous faire oublier ce
qu’endurent des milliers, voire des millions de
femmes quotidiennement sous le toit d’un époux
coléreux, d’un père despote ou d’un frère
autoritaire. Tout est excuse pour l’homme pour
déferler toute sa haine et sa colère sur cet être
accusé de tous les maux et de tous les déshonneurs.
Elles sont des milliers à souffrir en silence, à ne
jamais élever la voix, à ne jamais oser, ni se
plaindre ni se révolter. Il faut dire que dans notre
société une femme de bonne famille se doit de se
taire même si elle subit les plus atroces supplices
physiques et psychologiques. Le malheur de ces
femmes c’est qu’elles sont elles mêmes complices de
cet état des faits. Elles restent convaincues que
tel est leur sort. Que tel est leur destin. Elles
s’y plaisent presque dans leur statut. Ce statut
voulu par l’homme pour exercer sa mainmise totale
sur elles.
Certains diront que la femme algérienne de 2010 n’a
rien à voir avec celle des années soixante. Elle a
beaucoup évolué, qu’elle a arraché des droits,
qu’elle est partout présente dans la vie active.
Oui répondrons-nous, elle est ce que vous dites
aujourd’hui. Mais elle ne l’est que grâce à l’homme.
C’est toujours lui qui règle sa vie, c’est toujours
lui qui décide pour elle, c’est toujours lui qui lui
donne ou la prive. Il est le seul qui régente sa vie
et peut en faire ce qu’il veut et ce qu’il entend.
Des carrés de liberté, elle en a arraché, on vous le
consent. Mais que pèsent quelques carrés dans
l’immensité d’un océan d’injustice et de brimades?
Le chemin de la lutte est encore long et ardu. La
femme algérienne a encore à souffrir, à faire
d’autres sacrifices, à changer son statut d’être
mineur. Elle y arrivera peut-être un jour, mais
d’ici là elle a surtout besoin d’un peu plus de
respect et d’égard de la part de ceux qu’elle a
enfantés et chéris.
Aujourd’hui, on vous offrira une rose et demain ce
sera un autre jour. Mais n’empêche, ne vous gâchons
pas votre journée et bonne fête quand même mesdames.