Ouest-Tribune Le Premier Quotidien de l'Oranie Edition N°  4431 du 11 Octobre 2008

 

*** Enlevé mercredi matin, il est libéré après le paiement d’une forte rançon   *** Plus de 400 cadres pour renforcer l’encadrement local à Ghardaïa *** Extension du métro d’Alger vers Delly Brahim envisagée  *** Des députés mettent en garde contre une éventuelle baisse du prix du pétrole *** 315 centres de référence pour la prise en charge du cancer en cours de réalisation *** Les membres de l’APN exigent davantage de rigueur dans la gestion des dépenses publiques *** 317 détenus chinois de Guantanamo «blanchis» toujours pas libérés *** Sid Ahmed Hadjar n’est plus ***

 

 

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Union pour la Méditerranée au forum de Crans Montana

L’Algérie pose ses conditions

L’intervention du Ministre Ould Abbas, diversement appréciée selon l’usage que veulent faire les uns et les autres de l’UPM, place la barre assez haut et pose comme préalable à tout débat la question de savoir ce qu’on va faire de cette nouvelle organisation.
L’ Algérie a dépêché Djamel Ould Abbas ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l’étranger, pour représenter le pays au forum économique de Crans Montana. Traditionnel plate forme de communication entre les décideurs politiques et les opérateurs économiques, ledit forum traite cette année du projet de l’Union pour la Méditerranée (UPM). Les participants ont planché lors de cette édition sur les projets structurants de l’UPM.
L’Algérie, qui a montré une petite frilosité par rapport au projet cher au président Français, a abordé la thématique des « perspectives et opportunités pour les Etats de la région ». M.Ould Abbas a, à ce propos mis en avant la nécessité pour l’UPM de « favoriser la réalisation de projets structurants, dont la finalité dépasse les clivages de la commercialité pour s’inscrire durablement dans les sillons de la production et de l’intégration sociale et professionnelle». Cette volonté très algérienne de donner à cette Union une profondeur réelle et non pas un simple faire valoir pour certaines puissances occidentales membres de l’organisation, transparaît clairement à travers un discours sans nuances. « Il s’agit pour nous, également, de plaider la cause de la réciprocité et de la mutualité qui protègent le partenariat et oeuvrent à son développement de telle façon à préserver l’autorité, puis le devenir de ceux qui en tirent profit, et réduire progressivement le fossé à l’origine des inégalités sociales», a souligné le ministre de la Solidarité nationale, marquant de fait la ligne rouge que les Etats doivent respecter aux fins d’éviter une quelconque attitude hégémonique, de quelque origine qu’elle puisse être, au sein de l’UPM.
L’Algérie justifie sa position en la qualifiant « détermination pragmatique », et estime que cette approche «devra sonner comme une réponse à ces questions soulevées par l’émigration clandestine, que les jeunes de tous les pays semblent épouser en masse, pour croire en une réalité pourtant plus amère que celle imposée par les difficultés économiques ressenties in situ». Et M.Ould Abbas de soutenir ouvertement et clairement la position d’Alger sur l’UPM. Position qui pose comme finalité « la circulation des hommes et des biens » dans l’espace méditerranéen. Plus que l’aspcet strictement économique, voir revendicatif, le ministre de la Solidarité a insisté sur le fait que l’UPM est censé véhiculé dans son sillage « le principe de circulation des idées dans le cadre d’un programme harmonieux de coopération et de respect des engagements solennellement pris en faveur des Droits de l’Homme». Partant, le ministre algérien a soutenu que « c’est précisément autour de ce leitmotiv, que devra se décliner un nouvel ordre social régional, pour exprimer notre indéfectible besoin, à cette réorganisation, d’un espace riche en hommes et fertile en propositions ainsi qu’à son exploitation judicieuse ».
L’intervention du M. Ould Abbas, diversement apprécié selon l’usage que veulent faire les uns et les autres de l’UPM, place la barre assez haut et pose comme préalable à tout débat la question de savoir ce qu’on va faire de cette nouvelle organisation. Pour l’Algérie en tout cas, il n’est possible de parler sérieusement d’une une UPM que lorsque les trois continents censés tirer profit de cette initiative oeuvrent dans le sens d’un « rapprochement de idéaux et dans la complémentarité des actions à imaginer au profit de leur ressource humaine pour que ce plan d’eau soit ouvert progressivement sur le monde de la solidarité et de l’entraide intercontinentale ». Tout un programme.


 

 

  

Smaïl DAOUDI

 
 
 
 



 

   

    
 
 
 
 
 


 

 

 


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