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Union pour la
Méditerranée au forum de Crans Montana
L’Algérie pose ses conditions

L’intervention
du Ministre Ould Abbas, diversement appréciée selon l’usage que
veulent faire les uns et les autres de l’UPM, place la barre
assez haut et pose comme préalable à tout débat la question de
savoir ce qu’on va faire de cette nouvelle organisation.
L’ Algérie a dépêché Djamel Ould Abbas ministre de la Solidarité
nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à
l’étranger, pour représenter le pays au forum économique de
Crans Montana. Traditionnel plate forme de communication entre
les décideurs politiques et les opérateurs économiques, ledit
forum traite cette année du projet de l’Union pour la
Méditerranée (UPM). Les participants ont planché lors de cette
édition sur les projets structurants de l’UPM.
L’Algérie, qui a montré une petite frilosité par rapport au
projet cher au président Français, a abordé la thématique des «
perspectives et opportunités pour les Etats de la région ».
M.Ould Abbas a, à ce propos mis en avant la nécessité pour l’UPM
de « favoriser la réalisation de projets structurants, dont la
finalité dépasse les clivages de la commercialité pour
s’inscrire durablement dans les sillons de la production et de
l’intégration sociale et professionnelle». Cette volonté très
algérienne de donner à cette Union une profondeur réelle et non
pas un simple faire valoir pour certaines puissances
occidentales membres de l’organisation, transparaît clairement à
travers un discours sans nuances. « Il s’agit pour nous,
également, de plaider la cause de la réciprocité et de la
mutualité qui protègent le partenariat et oeuvrent à son
développement de telle façon à préserver l’autorité, puis le
devenir de ceux qui en tirent profit, et réduire progressivement
le fossé à l’origine des inégalités sociales», a souligné le
ministre de la Solidarité nationale, marquant de fait la ligne
rouge que les Etats doivent respecter aux fins d’éviter une
quelconque attitude hégémonique, de quelque origine qu’elle
puisse être, au sein de l’UPM.
L’Algérie justifie sa position en la qualifiant « détermination
pragmatique », et estime que cette approche «devra sonner comme
une réponse à ces questions soulevées par l’émigration
clandestine, que les jeunes de tous les pays semblent épouser en
masse, pour croire en une réalité pourtant plus amère que celle
imposée par les difficultés économiques ressenties in situ». Et
M.Ould Abbas de soutenir ouvertement et clairement la position
d’Alger sur l’UPM. Position qui pose comme finalité « la
circulation des hommes et des biens » dans l’espace
méditerranéen. Plus que l’aspcet strictement économique, voir
revendicatif, le ministre de la Solidarité a insisté sur le fait
que l’UPM est censé véhiculé dans son sillage « le principe de
circulation des idées dans le cadre d’un programme harmonieux de
coopération et de respect des engagements solennellement pris en
faveur des Droits de l’Homme». Partant, le ministre algérien a
soutenu que « c’est précisément autour de ce leitmotiv, que
devra se décliner un nouvel ordre social régional, pour exprimer
notre indéfectible besoin, à cette réorganisation, d’un espace
riche en hommes et fertile en propositions ainsi qu’à son
exploitation judicieuse ».
L’intervention du M. Ould Abbas, diversement apprécié selon
l’usage que veulent faire les uns et les autres de l’UPM, place
la barre assez haut et pose comme préalable à tout débat la
question de savoir ce qu’on va faire de cette nouvelle
organisation. Pour l’Algérie en tout cas, il n’est possible de
parler sérieusement d’une une UPM que lorsque les trois
continents censés tirer profit de cette initiative oeuvrent dans
le sens d’un « rapprochement de idéaux et dans la
complémentarité des actions à imaginer au profit de leur
ressource humaine pour que ce plan d’eau soit ouvert
progressivement sur le monde de la solidarité et de l’entraide
intercontinentale ». Tout un programme.
Smaïl DAOUDI
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