Ouest-Tribune Le Premier Quotidien de l'Oranie Edition N°  4862 du 09 Mars  2010

 

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Régulation du prix du lait cru

Le CIL met en garde les transformateurs

La question de la régulation du prix du lait revient sur la scène médiatique. Le Comité interprofessionnel du lait (Cil) met en garde les transformateurs de lait qui n’appliquent pas le prix administré du litre de lait cru acheté auprès des éleveurs. L’information a été rapportée hier à l’Agence presse service.
Entrant dans le cadre du dispositif de soutien à la production nationale, le prix minimal de lait cru cédé par l’éleveur au transformateur avait été fixé par le Cil en avril 2009 à 30 DA le litre, et ce, à la demande des éleveurs suite à une forte baisse du prix du lait cru durant la période de forte lactation.
Le président du CIL, Mahmoud Bencheko a souligné que la majorité des 90 laiteries n’appliquent pas cette mesure en parvenant à imposer leur propre prix aux éleveurs qui le cèdent, actuellement, à un prix allant entre 26 et 29 DA le litre.
Devant cette situation qui perdure depuis presque une année au détriment des éleveurs, ces derniers ont protesté auprès de l’Office national interprofessionnel du lait (Onil, membre du Cil) qui assure l’approvisionnement des laiteries en poudre de lait, pour prendre des mesures afin d’amener les transformateurs à respecter cet engagement. Les éleveurs ont, à cet effet, proposé à l’Onil de réduire les quotas de la poudre de lait aux transformateurs récalcitrants. En cas du non-respect de ce prix, ces laiteries pourraient être sanctionnées par une diminution de leur quota de poudre de lait.
«C’est le souhait des éleveurs et c’est l’unique voie qui permettra de développer la production nationale de lait», a indiqué le président du CIL. Des commissions spécialisées de l’office se penchent actuellement sur cette question en vue de généraliser l’application du prix-plancher tout en préservant les intérêts des uns et des autres.
Ce rappel à l’ordre devrait être pris en compte dans le cadre des conventions qui seront signées «très prochainement » entre l’Onil et les laiteries concernant l’approvisionnement en poudre de lait, et entre les transformateurs et les éleveurs pour la livraison du lait cru. Selon le dispositif de soutien à la filière lait, l’Etat accorde une prime de 12 DA/litre à l’éleveur, 5 DA/litre au collecteur et 4 DA/litre à l’intégration du lait cru dans la production du lait en sachet. Pour le président de la Fédération agroalimentaire et de la filière lait auprès de la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA), M. Abdelouahab Ziani, «les transformateurs qui ne payent pas sont ceux qui utilisent le lait cru subventionné pour fabriquer des produits dérivés (yaourts, fromages...)», alors que le lait subventionné doit être destiné exclusivement à la fabrication du lait en sachet. Les laiteries qui utilisent ce produit subventionné pour la production exclusive du lait en sachet respectent ce prix consensuel.
Le souhait de la CIPA était de créer des centres de collecte de façon à canaliser l’éleveur pour qu’il livre son lait vers ce centre, lequel devrait être sous l’égide d’un organisme de surveillance. M. Ziani a estimé, par ailleurs, que pour encourager la production nationale et la substituer à la poudre, il est nécessaire d’augmenter la prime d’intégration du lait cru de 4 DA à 9 DA. «Cette augmentation va inciter la laiterie à prendre plus de lait cru que de la poudre», a-t-il considéré, et, par ricochet, à réduire la facture d’importation de la poudre.
Selon lui, la prime actuelle est insuffisante vue que la laiterie est tenue, outre l’intégration du lait cru dans le processus de transformation, de gérer les primes accordées à l’éleveur et au collecteur, et de faire des analyses biologiques des quantités collectées. L’Onil s’est engagé à collecter au moins 500 millions de litres de lait en 2010 contre 312 millions en 2009. La facture d’importation de lait et produits laitiers a été de 863 millions de dollars en 2009 contre 1,3 milliard de dollars en 2008. La poudre de lait est importée actuellement au prix de 1.600 dollars la tonne. Le CIL est composé de 52 membres représentant les principales catégories de cette filière (éleveurs, collecteurs et transformateurs) et des ministères (Finances, Commerce...), des établissements financiers (BADR, CNMA), et des instituts techniques agroalimentaires.
 


 


Amine Liamine



 




 


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