Le Conseil national du CNAPEST s’est réuni hier
Le syndicat mettra-t-il fin à sa grève ?
Le Conseil
national du CNAPEST s’est réuni, hier, pour trancher la
question de la reprise ou non du travail après plus d’une
semaine de grève.
Au moment où nous mettons sous presse, la décision du
syndicat n’était pas encore connue. Toutes nos tentatives de
joindre les responsables du CNAPEST, pour avoir les
résultats de cette réunion extraordinaire de leur conseil
national, se sont avérées vaines.
Mais il est fort probable que le syndicat annonce, dans les
prochaines heures la fin de la grève. Pour plusieurs
raisons. D’abord parce que le syndicat avec qui il coordonne
cette action, en l’occurrence l’UNPEF, a déjà tranché en
faveur de la reprise des cours. Deuxièmement, les
responsables du CNAPEST seront dans l’obligation d’appliquer
une décision de justice qui avait déclaré la grève illégale.
De plus, les menaces proférées à l’encontre des grévistes
par le ministère de l’Education pèseront aussi dans la prise
de décision. Même si les deux syndicats avaient critiqué la
réaction musclée des pouvoirs publics. « La menace de
dissolution de notre syndicat ne repose sur aucun argument
législatif. Cela prouve encore une fois que les pouvoirs
publics ne se soucient plus du respect des lois de la
République. Ils ne sont prêts qu’à accepter les syndicats
fantoches que nous avons toujours dénoncés. Ils s’attaquent
seulement aux syndicats représentatifs», lance-t-il. Notre
interlocuteur ajoute encore: «Comment veut-on que
l’enseignant qui travaille sous la menace et avec la crainte
soit performant. Cela n’a qu’une seule explication. C’est
que le ministère veut former des gens craintifs et peureux
qui ne revendiquent plus». L’UNPEF déplore, lui aussi, la
réaction musclée du gouvernement.
«Cette grève a réussi à démasquer le vrai visage du
gouvernement. Il n’a aucune volonté de résoudre les
problèmes du secteur», soutient Messaoud Amraoui, chargé de
communication de l’UNPEF. Les agissements des pouvoirs
publics traduisent, selon lui, un grave recul sur les
libertés syndicales et le droit à la grève.
Boualem Rabah