Ouest-Tribune Le Premier Quotidien de l'Oranie Edition N°  4871 du 20 Mars  2010

 
 

*** Le ministre des moudjahidine préside aux festivités de célébration de la fête de la victoire *** Les autorités ont décidé de temporiser *** Le Président Bouteflika appelle le FLN à adopter un dialogue efficient *** Inquiétude des retards dans les dépistages du cancer du sein *** Le SNPSP et le SNPSSP soulignent leur attachement au dialogue *** Mobilisation de cinq aéroports pour assurer le transport des hadji lors de la prochaine saison du hadj *** 47 milliards de dinars pour la construction de 50 marchés de gros *** 5575 personnes poursuivies pour corruption entre 2006 et 2009 *** «Tous les ingrédients réunis pour édifier un Etat de droit en Algérie» ***

 

 

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19 mars 1962 – 19 mars 2010

Ait Yahia Moussa se souvient de son fils et de tous les héros du pays.

Le 19 mars 1962 sur la terre d’Algérie, gorgée du sang de ses enfants, s’éteignait la fureur des hommes. Le pays allait entrer avec les honneurs dans le concert des nations. L’Algérie, qui revenait de loin, a su, lors de son combat libérateur, susciter le respect de tous y compris des grandes nations. L’encre de la signature des accords d’Evian, à peine séchée, que voici sorties dans les villes et les villages de l’Algérie profonde les foules ivres de joie. Certes alors Alger, Oran et d’autres grandes villes du pays ployaient encore sous le joug exécrable et sanguinaire des criminels de l’OAS, mais le pays a décidé de tourner la page et d’ouvrir une autre plus dure et plus ardue, celle de la reconstruction nationale.
En ce jour anniversaire de la fête de la victoire, il est bon de s’arrêter un moment pour rendre l’hommage mérité à ces centaines de milliers de combattants héroïques et/ ou anonymes, ceux-là qui ont sacrifié leurs vies pour que l’Algérie accède enfin à la vie internationale pleine et entière. Le 19 mars permet aussi de se ressouvenir des signataires des accords d’Evian dont le regretté chahid Krim Belkacem, chef de la délégation du GPRA à Evian. En dehors de ce qui peut diviser les Algériens, et les sujets semblent nombreux, il y a une chose qui doit nous unir: le respect de ces êtres de lumière qui ont donné leurs vies pour la patrie.
Hier, à Ait Yahia Moussa, le village d’origine de Krim Belkacem et notamment dans le musée qui porte son nom, la foule était là. Les pensées de tout un chacun et principalement des rescapées de la lutte libératrice étaient à travers monts et vaux là où leurs camarades étaient tombés sous les balles assassines des hordes coloniales. Des allocutions furent prononcées, des gerbes de fleurs furent déposées mais l’essentiel était ailleurs. L’essentiel c’est ce que disaient ces petites gens qui ont croisé le chemin de Krim, le Lion des Djebels.
Des paroles sages et aussi vraies que sincères saluèrent la mémoire de celui qui n’est plus. Les jeunes, qui ne connaissent de Krim que certaines facettes, écoutaient avec avidité les plus âgés parler de celui qui fut un véritable héros national de son vivant. Dans la foule, on rappela que face à Louis Joxe, le chef de la délégation française à Evian et qui pinaillait pour introduire une phrase sur le Sahara, disait à Krim ‘’ Vous pouvez signer car je vous promets que cette phrase est anodine, et vous pouvez me croire puisque je suis tout de même professeur de français.’’ Devant ces termes, que Krim suspectait d’être des mots retors, ce dernier eut la réponse qui désarçonna Louis Joxe ‘’ Vous savez ce que je ne comprends pas n’est pas du français.’’ Krim est mort mais a laissé une grande place par son parcours brillant tant dans les maquis que dans sa vie de responsable à l’extérieur. Et cette pirouette est restée comme un résumé de ce que fut le lion des Djebels.

 

Kamel Soltani




 



 


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