mercredi , 11 décembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Ligue 1</span>:<br><span style='color:red;'>740 milliards de centimes de déficit pour 10 clubs examinés</span>

Ligue 1:
740 milliards de centimes de déficit pour 10 clubs examinés

Dix clubs sur les 16 composant la Ligue 1  professionnelle de football ont un déficit estimé à 740 milliards de  centimes, selon des examens effectués par la Direction de contrôle de  gestion et des finances (DCGF), tirant la sonnette d’alarme sur la  situation du ballon rond en Algérie qui constitue un «gouffre financier».

«Dix (10) SSPA ont remis divers documents comptables, cinq (05) n’ont pas  encore procédé au dépôt. Une (01) n’a pas répondu malgré de multiples  relances. L’exploitation de documents des dix clubs indique que le football national  est un gouffre financier. Les déficits colossaux et récurrents interpellent  quant à la gestion archaïque et chaotique de la majorité des SSPA»,  s’alarme la Fédération algérienne (FAF) mercredi sur son site, se basant  sur un bilan préliminaire établi au 31 décembre 2018. Installée par la FAF le 3 octobre dernier sous la présidence de Réda  Abdouch, la DCGF, plus connue sous l’appellation de DNCG, est composée  également de Kouadri Belkacem (financier et auditeur, ancien cadre du  ministère des Finances), Hamaidi Abdelhakim (ancien cadre financier),  Guerza Rafik (expert-comptable et commissaire aux comptes) et Boussafer  Mourad (juriste et secrétaire général de la Ligue de football  professionnel).  Les membres de la DCGF ont procédé à un premier travail auprès des 16  clubs de la Ligue 1 afin d’examiner, dans une première étape, la situation  de ces derniers sur le triple plan administratif, comptable et respect des  procédures. Selon un calendrier bien établi, les représentants des clubs  ont été conviés à des séances de travail au niveau du siège de la FAF. «De tous les clubs, un seul a mis du temps pour répondre à cette  sollicitation, malgré plusieurs rendez-vous pris. Les représentants de  cette SSPA ont été finalement accueillis le mardi 19 novembre 2019», a  regretté l’instance fédérale.

Cotisations sociales : un seul club OK !

Outre le volet financier, la DCGF a fait un constat alarmant aussi sur la  situation administrative des pensionnaires de l’élite : «Aucun club n’a  respecté les dispositions des articles 34 et 35 de l’arrêté du ministère de  la Jeunesse et des Sports (MJS) du 01/09/2010 (organigramme) qui sont  obligatoires. A l’exception de deux clubs, les documents exigés par la  DCGF, repris dans l’article 15 du même arrêté, n’ont pu être fournis en  totalité pour diverses raisons». Pis encore, la DCGF a regretté le fait qu’aucun club professionnel «n’a  remis la totalité des documents exigés par la DCGF et repris par les textes  réglementaires. La majorité des clubs n’ont pas de bilan pour l’exercice  2018 et ce pour des raisons diverses», alors que sur le plan des  obligations fiscales et parafiscales, «seuls trois clubs remplissent leurs  obligations». Evoquant l’aspect de la maîtrise des procédures, la DCGF a souligné  qu’aucune SSPA de la Ligue 1 «ne maîtrise les procédures d’organisation et  de délais de remise des documents ou de réunions des instances  décisionnelles telles que le conseil d’administration, l’assemblée générale  ordinaire ou l’assemblée générale extraordinaire».
Imposée déjà depuis quelques années pour l’ensemble des clubs  professionnels, la cotisation sociale n’est assurée pour le moment que par  un club, selon le rapport : «Aucune autre SSPA ne s’acquitte du paiement  des cotisations sociales de ses salariés (joueurs, entraîneurs et  administratifs), ainsi que des impôts directs qui en découlent (IRG), en  contradiction avec l’article 5 alinéa 9 de l’arrêté du 01/07/2010 et du  décret exécutif 15-73 du16 février 2015 déterminant les dispositions  applicables au club sportif professionnel et fixant les statuts-types des  sociétés sportives commerciales».
Enfin, la DCGF a relevé «l’incohérence» concernant la situation précise de  blocage ou d’ouverture du capital social des SSPA.  «Dans le cas où le Club sportif amateur (CSA) est actionnaire majoritaire  au sein du conseil d’administration, il peut proposer à son assemblée  générale soit la dissolution de la société (après le constat du caractère  «revolving» du déficit) soit la recapitalisation de la SSPA. Or, l’article  06 du décret exécutif 15-74 de 2015 sur le CSA interdit les transferts de  fonds du CSA vers la SSPA (sans avis des autorités qui financent le CSA).  Il y a lieu dans ce cas de lever cette contradiction», conclut le bilan  préliminaire de la DCGF.