vendredi , 6 décembre 2019

A chacun son «style» et sa vision… 

En découvrant la photo illustrant l’article qu’il lisait sur son journal, un ancien cadre en retraite, attablé au café avec les «mauvaises langues» locales, leur a lancé: «Avez-vous remarqué que le nouveau wali d’Oran et le P/APW qui l’accompagne, ne portent pas de cravate lors de la visite de chantier sur le site du complexe olympique?». Une remarque des plus banales, mais qui a vite animé un débat plus large sur «le style, la communication et la démarche de gestion» des différents responsables locaux qui se succèdent au chevet de la wilaya d’Oran.
On constate en effet, depuis quelques années, l’émergence d’une nouvelle génération de Wali qui essaient, tant bien que mal, de rompre avec les vieilles méthodes périmées des anciens responsables qui ne se souciaient que de la bonne exécution d’une « feuille de route» dictée par leur tutelle. Une feuille de route qui le plus souvent se résumait à la consommation des crédits et à la réduction des retards cumulés dans la réalisation des différents programmes. Une «obligation de résultats» qui faisait l’impasse sur la nécessaire écoute et l’impératif devoir d’impliquer les citoyens dans le suivi des affaires de la collectivité locale. Il faut admettre que depuis quelques temps, les choses ont évolué et une place importante est accordée à la stratégie d’information et de communication des institutions décentralisées.
Et afin de mieux expliquer et faire «passer leur message» bon nombre de nouveaux wali, notamment à Oran, ont opté pour une démarche de proximité, plus proche du terrain et se voulant plus transparente. Certains ont même insisté pour créer des «relations personnelles», voire privilégiées, avec des membres de la famille des médias ciblés en fonction des objectifs et du résultat escompté. Selon les experts en communication, rares sont les responsables locaux qui vont jusqu’a suivre un coaching ou un média-training permettant de soigner leur image et leur attitudes pour crédibiliser leur discours et leur programme d’action. Et selon nos «mauvaises langues», parfois bien avisées, «Même si le plus souvent c’est l’image qui forge l’opinion, on ne peut pas croire que celui qui porte une cravate et des souliers bien cirés sur un chantier poussiéreux, serait forcément moins efficace que celui qui se présente en tenue décontractée…». A chacun son style et sa vision du mode communication…

Par S.Benali