mercredi , 21 novembre 2018

Absence de rigueur et de clairvoyance

En juillet 2011, un nouveau plan de circulation dont l’étude aurait coûté la bagatelle de 6 milliards de centimes a été finalisé et mis en œuvre sur le tissu urbain d’Oran. Cette étude était, disait-on, axée sur un diagnostic de l’état des lieux, des propositions de plans pour une circulation fluide et des projections à moyen et long terme visant à cerner une «solution définitive». En réalité, ce nouveau plan n’englobait surtout que des mesures de réglementation de la circulation des engins et des camions, encombrant les axes urbains durant la journée. Cette anarchie avait évidemment favorisé la généralisation des mauvais comportements au volant et des incivilités de la part de chauffeurs, quand il ne s’agit pas de conduite dangereuse. Avec le lancement du chantier du tramway et la fermeture de plusieurs tronçons à la circulation, il s’agissait également de trouver des solutions à l’asphyxie et au chaos crée par des automobilistes et des piétons qui se disputent des « morceaux » de chaussée, les uns pour stationner, les autres pour circuler. Même les trottoirs ne sont pas épargnés. L’étude de ce plan de circulation tel que présenté à l’époque, prenait en compte non seulement la circulation dans la ville d’Oran, mais également à l’extérieur de qui est désigné par le «groupement urbain d’Oran» englobant les trois autres communes ,à savoir, Bir El-Djir, Es Sénia et Sidi Chahmi. Des communes limitrophes qui à la fois subissent et contribuent à la complexité du problème de la circulation oranaise. Aujourd’hui, les oranais ne retiennent que les échecs de ces multiples tentatives de replâtrage, érigées en sublime modèle de gestion des préoccupations locales. Certes, il est vrai qu’un plan de circulation d’une ville comme Oran, en grande mutation et en forte croissance urbaine depuis ces deux dernières décennies, ne peut être aisément étudié, mis au point et appliqué dans la rigueur et l’efficacité imposées par la conjoncture et les enjeux actuels. Hier, pour la troisième fois en moins de 25 ans, on apprenait qu’une nouvelle étude, pour l’élaboration d’un nouveau plan de circulation de la ville d’Oran était lancée. Cette étude a été «confiée à un bureau d’études spécialisé», rassurent comme toujours les responsables concernés qui précisent à l’attention de l’opinion, que «ce nouveau plan répond aux exigences des grandes mutations, que connaît la wilaya d’Oran et en prévision des jeux méditerranéens qu’abritera la capitale de l’ouest en 2021». Faut-il comprendre, que les études antérieures, notamment celles de 2010-2011, ne prenaient jamais en compte les nouveaux paramètres induits par la dynamique de développement dans laquelle était déjà engagée la wilaya depuis le début des années 2000 ? En réalité, malgré les efforts et l’engagement de quelques rares responsables et élus locaux sur le front du progrès urbain et du renouveau, de grands dossiers tels ceux du transport et de la circulation, de la maintenance urbaine et de l’environnement, de la gestion rationnelle du foncier, de la préservation des sites et monuments, ou même de l’avancement des travaux de réalisation de certains grands projets, restent trop souvent pénalisés par l’absence de rigueur et de clairvoyance, ouvrant hélas la porte à la médiocrité et à toutes les dérives.

Par S.Benali