vendredi , 19 avril 2019

Agitations et opportunisme indécent

En cette difficile conjecture politique, certes chargée d’inquiétudes et d’interrogations, les semeurs de doute et de zizanie trouvent un terrain privilégié pour leur mission d’agitation et d’anéantissement des efforts et des initiatives visant au progrès social par le développement local et la promotion de tous les secteurs. Oran, la ville sans doute la plus marquée par les effets pervers d’un système aujourd’hui rejeté et condamné, connait elle aussi, une flambée des discours opportunistes de bon nombre d’acteurs de la scène locale connus pour leur perpétuelle allégeance au Pouvoir et au plus fort du moment. Tous les observateurs savent combien la scène oranaise est réputée pour les remous et les conflits récurrents autour des «positionnements» sur l’échiquier du pouvoir ou autour d’une notabilité sociale débridée. Presque partout, au niveau des assemblées élues, APC et APW, au sein des structures politiques partisanes, de quelques organismes et institutions telles que la Chambre du Commerce, de grandes associations sportives devenues entreprises comme le MCO, et de bien d’autres structures décentralisées de l’Etat, les querelles et les divisions n’ont jamais cessé de nourrir la terrible «fatalité de l’échec» qui pèse sur la Capitale oranaise depuis des décennies. Cet activisme politicien, faussement érigé en mode d’expression et de participation citoyenne à la gestion des affaires publiques, n’a en réalité pour motivation que la course à la «notabilité», aux privilèges et à la prébende organisée depuis des années sur le patrimoine de la Ville et de sa région. Terres agricoles, foncier urbain, structures immobilières de grandes entreprises dissoutes , logements, crédits, et bien d’autres artifices ont permis à certains guignols de s’enrichir rapidement et, pensent-ils, discrètement. Indifférents aux grands défis engagés pour replacer la Ville d’Oran sur la scène des grandes métropoles méditerranéennes, ces carriéristes de l’arène politique locale retournent aujourd’hui encore leur veste pour venir soutenir le vent de changement et de rupture qui souffle sur le Pays. Hier encore, ils applaudissaient aux «vertus « d’un cinquième mandat qu’ils qualifiaient de nécessaire, de vital et d’imminent. Hier encore, ils offraient en soumission des cadeaux à un cadre, à la photo d’un président. Une goutte de débilité qui illustre leurs pratiques et leur mode de pensée ancrée sur le culte de la personnalité et de l’allégeance au plus puissant… Malheureusement, on risque encore de les revoir, bien présents sur les nouvelles arènes ouvertes aux luttes sociales pour la rupture et le changement.

Par S.Benali