lundi , 24 février 2020

Ain El Turck la clochardisation avancée…

Lors d’une récente visite à la Daïra d’Ain El Turck, le wali d’Oran M. Abdelkader Djellaoui, a été à la fois surpris et choqué de constater que les eaux usées qui se déversent depuis des lustres dans la mer, polluent même le littoral de la belle station des Andalouses. Notre confrère Karim Bennacef, observateur averti des turpitudes de cette région côtière, soulignait dans son article, que «le littoral ouest d’Oran, de St Roch jusqu’aux Andalouses, demeure truffé de ces points de déversement d’eaux polluées que chaque commune tente de cacher ou feint d’ignorer». Tandis que n’importe quel résident anonyme des communes de Aïn El Türck, Bousfer, El Ançor, peut éradiquer tous les «points noirs», sources de déversement d’eaux usées vers le rivage, les élus locaux, indique notre confrère, se montrent très discrets, voire «cachottiers», n’osant pas étaler devant le premier responsable local ces tares et ces carences dans la prise en charge de l’environnement et la préservation du littoral. Comment ne pas être attristé et choqué par ces mensonges par omission qui pénalisent toute une collectivité locale porteuse d’ambitions et de potentiel touristique important ? Sous d’autres cieux, où les normes élémentaires de gestion sont respectées, ce fléau des eaux usées qui se déversent sur le littoral marin depuis des années, voire des décennies, aurait constitué un «scandale d’Etat» dénoncé par tous les médias. Mais sous le ciel et le soleil oranais, ce constat s’apparente à un «non événement», tant il demeure négligé, banalisé et souvent oublié dans cet océan de carences et d’incohérences qui inondent au quotidien le tissu urbain et périurbain dans ces zones côtières dites touristiques. On se souvient, il y a déjà plus de dix ans, de cet ancien Wali devenu plus tard Ministre de la Santé, qui annonçait à qui voulait l’entendre, qu’un grand projet d’assainissement allait bientôt résoudre définitivement le fléau des déversements d’eaux usées vers la mer. Au détour de sa visite amplement médiatisée, l’ancien wali avait expliqué, tableaux et graphiques à l’appui, que toute la Daïra d’Ain El Turck allait être débarrassée des fosses septiques et de tout point de déversement grâce à la rénovation et l’installation d’un vaste réseau de collecte menant vers une grande station d’épuration. C’était au final des promesses et des discours sans lendemain. Aujourd’hui, comme le dénonce à juste titre notre ami Karim, les «situations de pourrissement» se sont multipliées, accentuant la laideur urbaine et transformant le présumé site balnéaire en un «marché d’occasion, de pièces détachées et de brocantes» digne d’un douar périphérique clochardisé…
Par S.Benali