dimanche , 15 décembre 2019

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Alger-Tunis: le vrai axe

Dans le tumulte préélectoral que vit le pays, l’opinion passe sous silence pas mal d’événements d’ordre «banal». Pourtant, en matière de partenariat, Alger a été au centre d’un sujet qui tient à cœur des Algériens. Il s’agit des relations fraternelles entre l’Algérie et la Tunisie. Il faut dire à ce propos, qu’excellentes avant la «Révolution du Jasmin», ces relations devront le rester, à en croire les déclarations des ministres de l’Intérieur des deux pays. Il faut relever que l’excellence de ces relations ne tient pas seulement des gouvernements qui voudraient préserver un niveau de coopération à même de maintenir le bon voisinage, mais surtout de la volonté des deux peuples qui semblent s’entendre à merveille. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire des deux pays, l’on ne trouve aucun couac. Depuis la création de l’étoile nord africaine, à l’éclatement de la guerre anticoloniale en Tunisie, à l’avènement du Premier Novembre, aux bombardements de la localité frontière de Sakeit Sidi Youcef par l’armée française, jusqu’à la mise en place de l’UMA et le soutien indéfectible de la Tunisie lors de la tragédie nationale, les Algériens comme les Tunisiens, ont brillé par un esprit d’entente et d’entraide hors du commun.
C’est bien cet esprit-là qui a amené l’Algérie à ne pas s’ingérer dans la «Révolution du Jasmin» et pousser les citoyens algériens à retourner en masse en Tunisie pour leurs vacances dès que la situation l’eut permis. Bref, il est clair que le tandem algéro-tunisien n’est pas simplement une histoire de voisinage. C’est prioritairement une volonté de construire une destinée commune, tant au niveau politique que social.
Le ministre de l’Intérieur tunisien, qui était avant-hier à Alger, n’avait pas besoin de faire une quelconque démonstration de bonnes intentions pour mettre en évidence l’étroitesse des relations entre les deux pays. L’aspect sécuritaire évoqué, le ministre vient, en fait, souligner la coopération entre les deux Etats. Cet état de fait est bien admis par les officiels et, il faut l’admettre, apprécié à sa juste valeur, par les deux sociétés.
Il reste, cependant, que la sécurité seule, n’est pas le principal objectif des Algériens et des Tunisiens. Les deux sociétés aspirent à beaucoup plus. Ils voudraient donner un sens concret à leurs relations séculaires. C’est là une demande de la base que le Somment ne semble pas bien comprendre. Les chiffres des relations économiques algéro-tunisiennes parlent d’eux-mêmes.

Par Nabil.G.