jeudi , 16 août 2018
<span style='text-decoration: underline;'>Entretien téléphonique Messahel - Le Drian </span>:<br><span style='color:red;'>Algérie-France : l’économie laissée en marge</span>
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Entretien téléphonique Messahel - Le Drian :
Algérie-France : l’économie laissée en marge

On retiendra, une propension à ne pas trop s’attarder, sur le partenariat économique, dont «l’électrocardiogramme» est à plat. Ce que retient par contre le ministère des Affaires étrangères, c’est le fait que «certaines questions d’intérêt commun, notamment la situation au Sahel et en Libye, ont fait l’objet d’un large échange de vues».

L’ Algérie et la France, tenues pas un mécanisme de coopération assez précis, doivent se rencontrer au niveau des ministres des Affaires étrangères des deux pays. Le Comité mixte économique algéro-français, (COMEFA), a donc cette mission stratégique, de maintenir un dialogue permanent entre Paris et Alger, même en période de «froid», comme c’est visiblement le cas, ces derniers mois. La COMEFA se prépare, par les deux ministres des Affaires étrangères, algérien et français. A ce propos, les services d’Abdelkader Messahel, ont rendu public un communiqué, qui fait état d’un entretien téléphonique, entre le ministre et son homologue, Jean Yves le Drian. Pour le ministère algérien des Affaires étrangères, l’entretien en question «s’inscrit dans le cadre de la tradition de concertation, et de consultations entre les deux pays».
Une manière de souligner, la pérennité du partenariat algéro-français, face à des suspicions de gel, qui a fait le tour des rédactions algéroises, après les difficultés «réelles» d’obtention de visas, dénoncées par la presse et l’opinion publique algérienne. Mais ces «tracasseries», d’ailleurs démenties, par l’ambassadeur de France en Algérie, n’ont pas constitué un problème, lors de l’entretien téléphonique, lequel «a permis de passer en revue, les moyens de renforcement des relations bilatérales, dans la perspective de la prochaine réunion, du Comité mixte économique algéro-français, (COMEFA), et la 2ème session du Dialogue stratégique, que co-président les deux ministres, prévues à Paris au mois d’octobre prochain», note le communiqué du MAE. Dans ces expressions, on retiendra une propension à ne pas trop s’attarder, sur le partenariat économique, dont «l’électrocardiogramme» est à plat. Ce que retient par contre le ministère des Affaires étrangères, c’est le fait que «certaines questions d’intérêt commun, notamment la situation au Sahel et en Libye, ont fait l’objet d’un large échange de vues».
Il faut souligner que sur ce dossier, la coopération est assez étroite entre Alger et Paris. Il y a lieu de relever, le caractère éminemment politique de cet entretien, où l’on ne voit pas poindre un grand projet industriel, comme l’avait promis le président Macron, lors de ses deux visites à Alger. Et pour cause, pour ce qui concerne le Sahel, les deux ministres ont considéré, que «l’aboutissement des élections présidentielles au Mali », dont le premier tour s’est déroulé le 29 juillet 2018, devrait permettre l’accélération du processus politique et de la réconciliation nationale». Ils ont formulé le vœu, que l’étape postélectorale «puisse accorder la priorité au parachèvement de la mise en œuvre de l’Accord de paix».
«L’Algérie et la France continueront d’appuyer le gouvernement malien ; dans sa stratégie de sortie de crise, et de lutte contre le terrorisme», souligne le communiqué du ministère des Affaires étrangères. Pour ce qui est de la Libye, les deux ministres ont abordé «les récents développements ; et les efforts liés à la sortie de crise». Ils ont, à cet égard, réaffirmé leur «entière disponibilité, à n’épargner aucun effort, pour contribuer au parachèvement du processus onusien, et au suivi des engagements pris par les parties libyennes, lors de la conférence de Paris». «Tous ces efforts devraient permettre, la mise en place d’institutions nationales, capables de préserver l’unité et l’intégrité territoriale de la Libye, sa souveraineté et sa cohésion nationale», ajoute la même source. Il devient évident, à la lecture du communiqué du ministère des Affaires étrangères, que la prochaine COMEFA réservera une portion congrue à l’économie. Ce qui contredit les attentes, des deux sociétés et des milieux d’affaires.
Alger: Smaïl Daoudi