jeudi , 23 février 2017

Antichambres aux contours mafieux

La grande majorité des infrastructures économiques, culturelles ou sportives, relevant du patrimoine de la Commune d’Oran, a connu, en moyenne tous les cinq ans, des opérations coûteuses d’aménagement ou de rénovations. Du Théâtre régional au conservatoire, en passant par le Théâtre de verdure, la promenade Létang, les stades de quartiers, les cinémas – centres culturels, les anciens abattoirs, les espaces verts et certaines placettes, des sommes colossales ont été englouties sans pour autant atteindre l’objectif visé: la réhabilitation et le bon fonctionnement sur le long terme de la structure concernée. On peut citer, pour illustrer le propos, les enveloppes financières dégagées et dépensées depuis ces trente dernières années notamment pour le Théâtre de verdure, les salles de cinéma ex-Escurial et ex-Colisée, les jardins publics au rond-point El Morchid et au rond-point Nekkache et bien d’autres sites ciblés de manière récurrente par un présumé projet engagé à chaque nouveau Mandat des APC. A quelques encablures des prochaines élections municipales, il serait, pour une fois, intéressant de dresser le bilan global de ces trente dernières années de gestion d’une ville que l’on veut abusivement installer au rang des métropoles modernes de la Méditerranée. Il est vrai que quelques rares responsables, élus à la tête de la Mairie oranais, ont montré et prouvé leur bonne foi et leur sincère engagement pour le développement et le progrès de leur Cité. Malheureusement, ils ont été pour la plupart «déstabilisés», dénigrés et même pour certains «mis aux bancs des accusés» par des sphères bien identifiées hostiles au changement et à la restauration des normes et des valeurs devant forger l’avenir de la Cité. La culture du complot et des zizanies a été depuis longtemps ancrée dans les esprits et les comportements des acteurs en charge des affaires locales. Aggravé par un «militantisme partisan» réduit à des querelles intestines et luttes de clans pour le contrôle des commandes, l’état des lieux, au sein des assemblées locales, reste encombré par les agitations, les élucubrations et l’opportunisme indécent. Même si la fameuse «légitimité révolutionnaire» a été, il y a longtemps, remise en cause par le chef de l’Etat lui-même, certains acteurs, sans emploi, sans métier, sans savoir-faire et sans savoir penser, tentent toujours de faire carrière dans ce créneau de la «politique partisane» et d’y rester le plus longtemps possible. Face à eux, les plus courageux et les plus honnêtes des Maires ou des responsables locaux voulant assainir ou bousculer le système, ne peuvent se prémunir des coups bas et des rumeurs distillées dans certaines antichambres aux contours mafieux. Certains «jouent le jeu» et deviennent députés ou sénateurs. Parfois même Ministre de la République. D’autres sont poussés vers la sortie, vers une retraite anticipée grossissant les rangs des compétences et des élites, exclues et marginalisées qui contemplent de loin le cirque installé sur la scène locale depuis de longues décennies…

Par S.Benali