lundi , 9 décembre 2019

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Au bout des convictions

Les sentiers seront tortueux, les chemins escarpés. Dès le début, on savait la mission du panel de médiation et de dialogue compliquée et ardue. A aucun moment, il ne fallait croire que ce sera une partie de plaisir où tout coulera de sources, et où il suffisait de clamer son amour pour la patrie pour que tout devienne facile et aisé.
Non et contrairement à ce que croyait le premier membre démissionnaire de ce panel, la réalité des choses est dure et pénible. Et c’est peut-être dans ces épreuves que les hommes se découvrent, avant que ne les découvrent les autres. Si aux premières difficultés et aux premiers couacs, il fallait baisser pavillon, alors il fallait dès le début refuser une telle mission, car, elle est tout simplement trop compliquée et ardue.
Ceux du panel qui ont accepté de poursuivre leur mission, méritent le respect de tous, car, ils ont prouvé que la finalité est bien plus grande que les hommes. Au bout, il y a bien plus noble, car, il s’agit de l’avenir du pays et du salut de l’Algérie.
Karim Younes qui a sûrement, malgré toute sa longue expérience, été traversé par le doute, s’en est remis à ses pairs et a eu leur entière confiance pour poursuivre la dure tâche qui les attend. Non seulement ils ont pu ressouder leur cohésion mais ont eu le renfort d’autres personnalités nationales qui ont saisi que cette instance n’est au service de personne, comme tentent de le faire croire les manipulateurs de tout bort, mais qu’ils sont au service de leur pays et seulement de leur pays.
Bizarrement ces premiers flottements et renoncement de certains, ont donné un autre élan au panel qui compte passer à l’action dès ce dimanche et engager ses premières consultations de dialogue et tâter le pouls des uns et des autres, pour pouvoir par la suite jouer pleinement son rôle de facilitateur.
Un engagement pour un dialogue inclusif avec ceux qui sont disposés au dialogue et qui ne se ferment pas dans leurs seules convictions partisanes et dogmatiques stériles. Car, ceux-là ont d’autres agendas que la recherche réelle d’une sortie de crise pour tout le pays et tous les Algériens.
Il est sûr que l’instance présidée par Karim Younes n’est pas au bout de ses peines. Il est sûr aussi que d’autres obstacles et d’autres difficultés se lèveront encore sur leur chemin avant d’entrevoir cette sortie de crise. Mais ils auront quand même tout fait pour y arriver. Et si par malheur ils doivent échouer à la fin, alors ce sera aux autres d’assumer toutes les responsabilités, car eux, ils auront la conscience tranquille, même si l’échec aura toujours pour eux un goût des plus amers. L’histoire jugera chacun.

Par Abdelmadjid Blidi