vendredi , 22 novembre 2019

Au chevet du patrimoine historique…

Contrairement à certains sites et monuments tels que le Fort et la Chapelle de Santa-Cruz devenus emblématiques de la ville d’Oran, ni le vieux Palais du bey, ni la belle mosquée du Pacha ne semblent inscrits au registre des préoccupations et des motivations des sphères associatives impliquées dans la préservation du patrimoine et de la mémoire de la ville. Les deux principales associations qui activent sur ce créneau semblent plutôt «surchargées» par leur programme d’action qui n’englobe au final que les vieilles murailles et fortifications datant de la période espagnole. Des actions et des initiatives sont de temps à autre annoncées et médiatisées pour illustrer les efforts entrepris en matière de sensibilisation des jeunes et du public en général aux impératifs de préservation et de sauvegarde des sites historiques répertoriés à Sidi El Houari. Un quartier lui-même au cœur des discours et des promesses de restructuration et de réhabilitation du vieux bâti en constante érosion. Du coté des institutions officielles, rien ou presque rien de notoire n’est venu combler le vide et les improvisations qui durent depuis des décennies en matière de protection et de valorisation du patrimoine historique et architectural. Les quelques élites universitaires, bien versées sur ce registre, semblent avoir aujourd’hui complètement déserté le terrain des luttes devant être menées pour inciter les pouvoirs publics à engager une stratégie efficace et crédible. Et la nature ayant horreur du vide, l’espace d’expression et d’action a été envahi par certains énergumènes soucieux surtout de se construire une carrière et une réputation grâce à quelques discours appris et récités au chevet du patrimoine historique oranais. Il y a une dizaine d’années, un ancien wali devenu ensuite Ministre de la République, affirmait la main sur le cœur que les vieilles arènes de la ville allaient reprendre leur activité conforme à leur ancienne vocation: la Tauromachie. Pourquoi pas ? Se sont dit bon nombre de citoyens qui après tout, ont le droit d’apprécier et d’applaudir à ce genre de spectacle. Mais ce qui était surtout choquant, est le fait que cet ancien responsable local prenait les oranais pour des «tarés» pouvant croire à n’importe quelle promesse aussi farfelue soit-elle. Depuis des décennies, et malgré les grosses sommes d’argent dépensées, les arènes d’Oran n’ont jamais pu être correctement et définitivement restaurées et aménagées pour recevoir n’importe quel genre de spectacle ou d’événement artistique. Le palais du Bey, la Mosquée du Pacha, et bien d’autres lieux oubliés, sont tous les dix ans évoqués et inscrits dans un présumé programme de réhabilitation, le dernier en date devant être financé en partenariat avec une grande Entreprise turque. Un projet aujourd’hui presque oublié, en tout cas rangé à l’arrière-plan des préoccupations et des priorités imposées par une conjoncture sociale bien difficile à traverser…

Par S.Benali