samedi , 14 décembre 2019

Au registre du mensonge et de la démagogie

Depuis son inauguration en juin 2012, la route dite «de la Corniche supérieure» reliant Oran à Ain El Turck, a été le théâtre d’une bonne vingtaine d’accidents tragiques. Il s’agit le plus souvent, de chutes de véhicules du haut de la falaise suite à un «virage raté» pour un excès de vitesse, un mauvais contrôle du véhicule et également une médiocre solidité des barres de protection installées le long de la roue sinueuse.
Des barres en métal qui devaient être construites en béton là où les virages en épingle à cheveux sont les plus dangereux et statistiquement les plus meurtriers pour certains automobilistes peu soucieux des règles de conduite élémentaires. Selon des sources proches de la Gendarmerie nationale, la première cause de ces chutes de voitures dans la falaise serait la conduite sous l’emprise de l’alcool ou de psychotropes par des individus ne connaissant pas les pièges de cet axe routier. Une route, qui a fait l’objet d’un aménagement ayant coûté près de 200 milliards, et qui depuis la semaine dernière vient de battre le record national du nombre de morts par accidents presque aux mêmes endroits.
La «Corniche supérieure», présentée à l’époque comme un projet alternatif devant réduire la forte concentration des véhicules sur la vieille route de sortie d’Oran par le tunnel de la pêcherie, est aujourd’hui bien loin de remplir cet objectif, tant elle est boudée et redoutée par la majorité des usagers qui connaissent sa réputation. Sans parler de sa médiocre attractivité en termes de «beauté du décor pouvant justifier une balade sur cette Corniche site supérieure.
L’entretien et la maintenance de la route est à chaque fois pointé du doigt par les usagers et la presse locale qui dénoncent la longue série de «points noirs» rencontrés le long de la route. Même des arbres bordant la voie sont ici et là arrachés pour faire place à un début de baraquement illicite défigurant la paysage. Des tas de détritus et de débris de chantier parsèment les abords les plus accessibles.
Sans parler des trous, des nids de poules et des fissures qui apparaissent en de nombreux endroits de la route, laissant malheureusement prévoir qu’il y aura ici ou là encore de nouveaux affaissements de la chaussée. L’absence, depuis toujours, de l’éclairage public de la voie et des murettes de protection attendue depuis six ans, prouvent s’il le fallait, l’ampleur de la léthargie et des promesses sans lendemain de certains anciens walis qui ne fonctionnaient qu’au registre du mensonge et de la démagogie… Vivement le changement.

Par S.Benali