dimanche , 26 janvier 2020

Austérité et factures impayées…

En invitant les entreprises du secteur de la construction BTPH, à une rencontre avec le Wali, les organisateurs ont oublié de préciser, qu’il s’agissait d’une réunion, destinée à examiner des points spécifiques, concernant seulement les opérateurs nationaux dans leur relation avec l’administration. «Les sociétés étrangères, y compris de droit national, sont priées de quitter la salle car, cette réunion ne les concerne pas», a annoncé le membre de l’exécutif concerné, juste avant le début de la réunion. «Il s’agit d’une affaire algéro-algérienne» renchérit, sans trop de délicatesse, le président de l’AGEA, association des entrepreneurs algériens, impliquée dans cette action. Alors pourrait-on dire, pourquoi avoir convoqué les entreprises étrangères, même de droit algérien, pour leur signifier au final, qu’elles n’étaient pas les bienvenues à cette drôle de réunion ? Présidée par le wali, avec à ses côtés, le représentant de l’association générale des entrepreneurs algériens, la rencontre a regroupé tous les directeurs d’exécutif et responsables locaux, concernés par le secteur du BTPH, les gestionnaires publics des différents services financiers, ainsi que des entrepreneurs. Puis, très vite, on allait se rendre compte de la nature d’un ordre du jour, qui en effet ne concerne en rien les entreprises étrangères, bien à l’abri des incohérences, des lacunes bureaucratiques et des «contraintes algéro-algériennes», d’une administration locale, en panne de rigueur et d’efficacité. Le problème des créances impayées par manque de ressources financières dans les collectivités locales, a constitué le thème principal de cette rencontre entre l’administration locale et les entrepreneurs du BTPH. Et curieusement, ce fut le représentant de ces opérateurs, qui s’est engagé à aller lui-même, transmettre aux autorités centrales à Alger, les situations de crédits et les dossiers des créances impayées. Le wali de son côté, a ordonné en cours de réunion à ses collaborateurs, de «préparer les documents et de les remettre le jour même, au président de l’AGEA. Charge à lui de les faire aboutir. Une mission qui ne sert au final, qu’à donner un sens et du crédit à cette organisation patronale, installée depuis peu sur la scène du dialogue social, entre Gouvernement, Patronat et Acteur social. Car, on sait bien, qu’il ne suffit pas de s’autoproclamer, «intermédiaire représentant les entrepreneurs algériens», pour pouvoir résoudre le grave problème des factures impayées, suite à une réduction de la trésorerie publique, en raison de la baisse drastique des ressources de l’Etat et des mesures d’austérité. Une crise conjoncturelle, exposée sans détours et sans démagogie, par le Wali en poste. On apprend ainsi, que pour les seuls projets du logement gérés par l’OPGI d’Oran, le montant des travaux impayés, s’élève à ce jour, à près 500 milliards. Des retards de paiement, qui pénalisent surtout de nombreuses petites et moyennes entreprises, certaines menacées de disparaître, faute de solvabilité et d’assistance bancaire…

Par S.Benali