jeudi , 12 décembre 2019

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Ballon d’or 2019: Une insulte au football africain

Dans la course au Ballon d’Or miné par le lobbying et le marketing, les stars africaines se sentent bien seules dans leurs pauvres loges. Les puissantes cylindrées de la balle ronde exploitent, pressent et profitent sans pitié des talents africains, jusqu’à les saigner, sans jamais leur rendre les vrais mérites et les égards sincères le moment venu des «Oscars». L’édition 2019 du Ballon d’Or, vient de rappeler les Africains à l’ordre. Sadio Mané, ce prodige sénégalais de 22 ans, ce joueur phénoménal qui a porté aux mues Liverpool et les Lions de la Terranga durant l’année sportive 2018/2019, a été gentiment installé, toute honte bue, sur un strapontin du podium. Exactement comme un banal esclave attendant qu’on le hèle depuis le corridor. Ce comportement injuste et vil rejaillit systématiquement lors de toutes les prestigieuses cérémonies des «Awards» de niveau planétaire, sur les plateaux qui brassent les plus gigantesques sommes d’argent. Ici, les protégés des lobbies financiers et politiques, reçoivent les caresses, les autres, dont les Africains, un coup de poing qui les assomme. Pour mieux cerner les coulisses du Ballon Rond, un rappel s’impose: jusqu’à 1956, ce concours ne concernait que les footballeurs européens. Et c’est la FIFA alors dirigée par le Belge Rodolphe William Seeldrayers, quatrième président de l’institution qui a concrétisé l’idée de l’élargir à la planète foot. Cette ouverture ne concernait toutefois, pas l’Afrique, même si l’on comprendra qu’à l’époque le Continent vivait sous les jougs des colonisations. Ce n’est qu’en 1995 que les footballeurs africains avaient rallié cette compétition, avec à la clé le triomphe du Georges Weah, sacré la même année. Depuis, l’ancien attaquant de l’AC Milan attend toujours son héritier. Ce n’est pas parce que je suis Africain, mais je persiste que si Sado Mané n’a pas décroché ce 64ème Ballon d’Or ce 2 décembre 2019, l’Afrique ne sera jamais plus colorée de vermeille sur cette scène qui respire le sectarisme, voire le racisme. Parce que les organisateurs de cette kermesse considèrent les stars africaines évoluant en Europe comme des femmes charmantes que les poètes ne lisent pas. Ils restent dépendants de nombreux paramètres extra sportifs, finances, politique, médias, rentabilité. Sous le poids de ces contraintes, les gestionnaires du Ballon d’Or ainsi qu’un important nombre de votants, se vautrent dans la faiblesse, celles du manque d’objectivité, de courage aussi. Et comme toute méchanceté vient de la faiblesse, ils ne peuvent que s’exécuter, se prosterner. Cette saison plus que toutes les précédentes, le classement de la compétition individuelle la plus médiatisée est le produit d’un maquillage à l’Américaine. La preuve irréfutable qu’il s’agit de mascarade, vient de la position de sado Mané dans le bréviaire polémique et osé de France Football: 27 printemps, la Champion’s League 2019, la super coupe d’Angleterre 2019, la F.A. Cup 2019, la finale de Champion’s League 2018, 1er buteur en Angleterre Avec 22 buts, a marqué lors de toutes les rencontres, 12, de la coupe d’Europe remportée en mai 2O19, sans jamais tirer un pénalty. Sans compter la finale de la Coupe d’Afrique des Nations….Toutes ces distinctions pour une 4ème marche de ce ballon d’Or: cette image relève de l’irréel. Tous les journalistes, les experts, les anciens détenteurs de ce trophée, tous sont étonnés que Mané soit relégué du podium. Même son coach, Klopp, reconnaissait que son artificier méritait de monter aux cimes. Finalement, tout concorde à conclure que si Mané était brésilien, il aurait été paré d’or, le cigare sur les lèvres. Il incarnait les meilleures chances de bousculer Messi, éjecté de toutes les prestigieuses compétitions de l’exercice 2018-2019, n’ayant remporté que la Liga. Et à titre de repères encore, les performances du précédent vainqueur du Ballon d’Or, Lucas Modric, ne pèsent pas lourds devant celles de l’Africain. Les votants lui jetant un os, dans un geste de lâcheté parce qu’il avait compromission. Enfin, il importe de savoir que les 3 critères pour obtenir le Ballon d’Or sont: les performances individuelles et collectives, la classe, autrement dit le talent et le fair-play et le parcours de la saison. Sadio Mané a largement dépassé cette palette, il a réussi le plus ardu à atteindre dans un match de football: impacter l’attention collective, frapper les esprits, particulièrement lors des rencontres face à la Juventus de Ronaldo préféré à l’enfant de Sedhéou, et à l’Ajax d’Amsterdam.
Dans toute cette histoire de malhonnêteté, on comprendra que le Ballon d’Or 2019, et certainement comme tant d’autres, est plus tributaire de la presse et du marketing que des performances sur les près. Ejecté du podium sans scrupule ni remord, Sadio Mané retrouvera-t-il son moral et les forces pour surmonter et oublier l’injustice dans laquelle tous les acteurs de cette édition ont trempé ? Une injustice au doux parfum de racisme.

Par Fayçal Haffaf