samedi , 21 septembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Dans un message à la nation </span>:<br><span style='color:red;'>Bouteflika fait acte de sa candidature à la présidentielle</span>

Dans un message à la nation :
Bouteflika fait acte de sa candidature à la présidentielle

Il préconise une conférence nationale inclue qui aura des allures inédites dans l’histoire de la nation qui se tiendra avant la fin de l’année en cours. C’est à dire que sitôt réélu à la magistrature suprême, le président de la République s’emploiera à organiser ladite conférence, dont la mission sera d’élaborer des solutions qui soient les plus consensuelles possibles.

Dans une lettre à la nation, du reste très attendue, le président de la République a fait officiellement acte de candidature à l’élection présidentielle du 18 avril prochain. Le chef de l’Etat, contrairement à beaucoup de ses adversaires affichés, a mis en exergue un véritable programme électoral avec des promesses précises. C’est dans cet ordre d’idée qu’il a émis, dans son message aux algériens, la proposition, s’il venait à être réélu, d’une «conférence nationale inclusive», dont la mission principale sera d’élaborer une «plate-forme politique, économique et sociale». Le président-candidat, dont la promesse électorale constitue une sorte d’engagement de faire de son prochain mandat, celui du consensus «inclusif» entre Algériens, et surtout, les différents courants politiques qui traversent la société et plus encore, les générations de cadres qui se superposent, avec les «grincements» que cela suppose, en matière d’alternance générationnelle. Le président Bouteflika qui souligne le caractère « inclusif » de la conférence entend certainement réaliser une sorte de réconciliation entre la génération de novembre, aujourd’hui aux postes sensibles de la République, avec celle qui frappe à la porte des institutions. L’enjeu d’une pareille conférence sera de trouver un terrain d’entente, une sorte de Smig démocratique qui empêchera toute dérive future de quelque nature que ce soit. Et pour marquer sa volonté d’assainir définitivement la scène politique, le chef de l’Etat va jusqu’à missionner, dans son message à la nation, cette conférence pour «proposer un enrichissement de la Constitution». Le président de la République fait une autre promesse qui n’est pas moins essentielle de cette conférence. Il a, en effet, quasiment daté cet événement en cas de sa réélection à la tête du pays. Dans sa lettre, M. Bouteflika est clair, net et précis. Cet événement politique qui aura des allures inédites dans l’histoire de la nation se tiendra avant la fin de l’année en cours. C’est à dire que sitôt réélu à la magistrature suprême, le président de la République s’emploiera à organiser ladite conférence, dont la mission sera d’élaborer des solutions qui soient les plus consensuelles possibles. «Outre l’élaboration d’une plate forme politique, économique et sociale, la Conférence nationale pourra aussi proposer un enrichissement profond de la Constitution, dans le respect de ses dispositions relatives aux constantes nationales, à l’identité nationale et au caractère démocratique et républicain de l’Etat. Les propositions que dégagera la Conférence Nationale me seront soumises pour leur concrétisation par les voies appropriées.» Cette démarche novatrice dans l’approche de défis qu’aura à affronter l’Algérie, constitue à n’en pas douter, l’offre politique, de loin, la plus proche du desiderata de l’ensemble de la communauté nationale qui, à la veille d’une échéance majeure est prise d’inquiétude compréhensible, en ce sens que le pays est censé passer d’une génération à une autre. Tout le monde craint un message à témoin difficile. Avec la promesse du chef de l’Etat, les Algériens pourront discuter calmement et fraternellement de l’avenir de leur pays.
Younes Rahal