jeudi , 12 décembre 2019

Présidentielle:
Cap sur la campagne électorale

Ce dimanche 17 novembre 2019, ce sera plus qu’une compétition électorale qui abordera sa dernière ligne droite, mais l’ultime étape pour propulser l’homme capable de bâtir la nouvelle République dont rêve le peuple. Ils sont 5 prétendants à répondre aux vœux légitimes et objectifs de la population, à effacer des mémoires les souvenirs d’un système maître d’œuvre d’une ruse historique, celle de considérer les Algériens pour des aliénés ou des dominés dont on peut abuser infiniment. Le front ouvert en février 2019 contre la traitrise des ex-potentats, contre la prédation systématique, la dilapidation des richesses nationales, l’octroi d’indus avantages, contre les abus de pouvoirs et de fonctions, déclinera dès la semaine prochaine en l’étude et l’analyse de ce que nous réserveraient les 5 candidats en course pour le Palais d’El Mouradia.
 Le cauchemar devrait s’arrêter. Celui de l’incroyable découverte de l’ampleur de la gabegie rendue naturelle et pratiquement légale par les ex-tenants du pouvoir au sourire tranquille et au sommeil serein. Djillali Hadjadj, le co-fondateur et porte-parole de  l’Association algérienne de lutte contre la Corruption, avait même rapporté dans un hebdomadaire français que «si l’on devait alpaguer les personnes politiquement exposées, plusieurs centaines de ministres, presque tous les walis de ces dernières années, sans parler des dirigeants des entreprises publiques. Une véritable faune d’oligarques», avait précisé Djillali Hadjadj. Autant d’éléments d’analyses qui devraient convaincre les électeurs de prospecter, entre les 5 cavaliers celui qui afficherait les meilleures dispositions et arguments de sauver l’Algérie, redonner confiance et goût à la société civile et notamment ses jeunes, redessiner son économie et blinder sa sécurité. Tous les indicateurs de gestion du pays, appellent depuis des mois à l’urgence brulante de rallumer toutes les machines académiques et techniques du quotidien algérien, d’une présidence aux normes, au gouvernement de compétences avérées. Les terribles failles économiques dont parlent chaque jour l’ensemble des experts nationaux et internationaux, ainsi que tous les chefs d’entreprises des secteurs public et privé, les périls sécuritaires qui refont surface à tous les contours de nos frontières, particulièrement au Sahel, nous dictent de ne plus verser dans les atermoiements. Toute cette actualité donne à réfléchir sur les dangers qu’encourt l’Algérie en interne comme en externe, le reste n’est que manipulations.
La politique n’est pas une poésie. Loin de n’appartenir qu’au passé, ces turbulences-parfois torrides- obligent à une autre mobilisation, celle de sauver le pays des trames directes ou extérieures que l’ensemble des Algériens devinent et connaissent bien. La campagne électorale qui démarre, pourrait valoir une issue potentiellement acceptable, dont le sens de faire redémarrer le navire Algérie sur tous les plans. Sinon, il restera longtemps à quai, avec des rallonges à l’infini. Les 5 candidats le savent naturellement, comme ils comprennent que la politique est la science de la liberté. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard qu’ils jurent tous «De réaliser les attentes et les aspirations légitimes portées par le hirak».
Azzedine Mihoubi Sg du RND, ancien journaliste, dévoile dans son projet, 200 propositions dont 150 concernent le volet économique. L’énarque de Sétif entend supprimer la règle de 51/49 dans la filière des services, d’ouvrir le capital de Sonatrach et bien d’autres géants économiques à hauteur de 34%. Il s’engage d’exonérer d’impôts les revenus modestes, ainsi qu’à réduire l’énorme déficit de la Caisse de retraite.
Abdelmadjid Tebboune s’insurge des «velléités supposées de la France, preuve qu’il accordera une attention particulière au volet international. L’ancien 1er ministre de passage, lui aussi lauréat de l’Ecole Nationale d’Administration, était-il sérieux en osant dire que l’allocation devises actuellement de 100 euros par an gonflera à 1500 euros ? Par contre, il a raison d’affirmer que «sans l’armée nationale populaire, il n’y aurait pas eu le Hirak, mais un bain de sang».
Un peu plus original, Abdelaziz Belaid double détenteur d’un doctorat de médecine et d’une licence en Droit, courageux candidat en 2014, entend bien récupérer l’argent dilapidé par les oligarques et les bandits de modernes de l’Etat. L’électorat féminin, c’est la cible électorale de Abdelkader Bengrina ex-député en 1997, devenu cette même année ministre du tourisme et de l’artisanat. L’enfant de Ouargla, diplôme en Sciences Islamiques, plébiscité président du Mouvement El-Bina en mars 2018, affirme rester fidèle au message du 1er Novembre, ainsi qu’aux slogans du Hirak.
Enfin, Ali Benflis, le très expérimenté de l’administration et de la politique, a surpris par sa sortie diplomatique sur les rapports intermaghrébins qu’il entend réanimer. «Il n’est pas normal que les pays voisins ne partagent pas de relations permanentes» a admis l’ancien 1er ministre. La préoccupation de cet ancien ministre de la Justice vise l’économie, particulièrement l’avenir de Sonatrach et la révision de la Constitution. Enfin, Ali Benflis exprime également sa «volonté de satisfaire au-delà les revendications du Hirak.
Par Fayçal Haffaf