jeudi , 14 novembre 2019

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Ce que signifie la présidentielle

Depuis avant-hier 20 heures, l’Algérie est entrée dans une nouvelle séquence de son histoire politique. Les citoyens du pays s’apprêtent à vivre, dans moins de trois mois, un jour particulier. Avant d’y arriver, il y a quelques écueils à passer, des millions d’électeurs à convaincre et surtout un large débat national sur le futur immédiat et lointain de la Nation. Il faut dire qu’à partir d’aujourd’hui, les citoyens sont très conscients que le jour de vote constitue, pour toute République moderne un moment fort, puisqu’il renvoie aux fondements même de la Nation et réaffirme le pouvoir qu’a le peuple sur sa destinée. Voter est un acte de citoyenneté, mais aussi un geste par lequel la société exerce son pouvoir légitime, celui de choisir ses gouvernants. En un mot comme en mille, la prochaine élection sera l’expression la plus moderne de la gouvernance, pour la simple raison qu’il y a dans cet acte une notion de réversibilité au sens où tout mandat est limité dans le temps. Fondamentalement donc, le scrutin présidentiel du 12 décembre 2019, est véritablement un rendez-vous crucial, plus que ne l’ont été les précédents.
Cela pour dire qu’il n’y a pas d’alternative à cette élection, dans le contexte que vit présentement le pays. Rappelons-nous, au cœur même de la tempête sécuritaire des années 90, c’était par le vote lors de la Présidentielle de 1995 que le peuple a dit son mot et rejeté l’islamisme radical et son pendant, le terrorisme sauvage. Aujourd’hui, la situation est différente, mais l’Algérie vit une période difficile et la société se doit de se sentir responsable du devenir de la Nation pour se garantir un avenir serein, malgré la situation problématique qu’elle traverse depuis quelques mois. Cela confirme l’importance du rendez-vous électoral, car, c’est à travers des actes pareils que se construisent les grandes Nations.
La réalité du terrain n’est pas idyllique. Le boycott annoncé d’une partie de l’électorat, est une donnée constante de la scène nationale et la crédibilité même du futur chef de l’Etat se mesurera au taux de participation. Mais dans tout cela, il convient de souligner, que l’Algérie vivra trois mois passionnants, avec 3 semaines de campagne électorale où l’on verra des jeunes hommes et des jeunes femmes entrer en politique et croire en leur capacité de changer les choses. Les candidats ne pourront peut- être pas tous convaincre. L’essentiel est dans la pérennité du processus électoral. Le reste viendra avec les luttes politiques.

Par Nabil.G