dimanche , 24 septembre 2017

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Ces crieurs professionnels

Plus d’une semaine après l’entrée en vigueur de la loi des Finances 2017, il est loisible de constater que le pays continue de respirer, les citoyens vaquent à leurs occupations et l’activité économique et commerciale n’a pas connu un incident grave, qui pourrait amener à craindre un effondrement du pays. Une petite semaine n’est certes pas suffisante pour évaluer l’impact d’une loi de Finances, mais à voir la levée de bouclier qu’elle a suscité dans les milieux de l’opposition et autres spécialistes du «pourrissement» de la situation, l’opinion nationale craignait le pire pour son quotidien.
En dix jours, il ne s’est rien passé de véritablement inquiétant, nonobstant les incidents de Bejaia et il y a des chances qu’il ne se passe pas grand chose au plan social durant toute l’année. En tout cas, pas dans le sens d’un basculement de toute la couche moyenne dans l’appauvrissement. Il est vrai que les prix ont pris l’ascenseur, mais c’est là un phénomène que les Algériens, à l’image de tous les citoyens du monde, connaissent et s’en accommodent.
C’est dire que l’on a un peu trop «chauffé le bendir», alors qu’il aurait été bien judicieux de faire preuve de pédagogie d’abord et de proposer une alternative viable et sérieuse à la politique du gouvernement en matière de gestion des équilibres sociaux.
On aura compris qu’encore une fois, l’Algérie a perdu une occasion de faire un sérieux bond de l’avant en évitant un débat qui aurait pu être fort intéressant, en le remplaçant par «des cris de vierge effarouchée» qui, en définitif n’a servi personne. Ni le peuple, ni la démocratie dans le pays.
Cela dit, il est évident que les «crieurs», devenus professionnels de l’agitation stérile, n’ont pas du tout retenu la leçon. Dix jours après l’entrée en vigueur de la loi des Finances et près d’une semaine après l’échec de la tentative de déstabilisation du pays qui s’est nourrie de leur «cris», ils continuent à accuser tout et n’importe quoi et crient encore leur frustration de voir la société leur tourner le dos.

Par Smaïl Daoudi