vendredi , 19 avril 2019

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Ces réponses qui ne viennent pas

Au lendemain du 5ème vendredi de mobilisation populaire, les Algériens en arrivent, et c’est tout à fait normal, à se poser des questions sur le devenir de la dynamique citoyenne, et plus encore, sur l’avenir immédiat du pays. La ferveur des marches tombée, les regards se tournent vers la présidence de la République qui s’en tient au plan d’action initié par le chef de l’Etat. La copie présentée par le Président Bouteflika, a été rejetée par la rue, mais rien ne vient la remplacer.
Les Algériens qui n’ont visiblement que les marches du vendredi pour donner leurs instructions à l’Etat, n’imaginent certainement pas d’autres modes d’actions. Ces mêmes Algériens n’ont pas que le président comme interlocuteur. Il y a aussi les partis politiques. Ceux du pouvoir ont annoncé, il y a quelques jours, leur ralliement au mouvement populaire, mais n’apportent aucune alternative viable ou tout au moins discutable. C’est la paralysie caractérisée. Les formations politiques de l’opposition qui reconnaissent avoir été libérées par le mouvement populaire, sont également des interlocuteurs potentiels de la population. Ces partis se bousculent pour se faire voir des Algériens, en multipliant les «selfies» dans les manifestations et en élisant domicile dans les chaînes de télévision privées.
Le discours de cette catégorie de politiques est, certes, compréhensible mais les Algériens retiennent que les leaders de l’opposition ne sont pas unis. Chacun milite pour sa chapelle et tente de tirer un maximum de dividendes de la situation. Bref, l’opposition est divisée. C’est l’heure du «chacun pour soi». Et pour compléter un tableau assez peu attractif, faut-il le souligner, la promesse d’un nouveau gouvernement représentatif et de compétence n’est toujours pas tenue. Le nouveau Premier ministre est totalement absent de la scène nationale.
Au lendemain du 4e vendredi de mobilisation citoyenne, le constat qui saute aux yeux est édifiant. Le pays a fait un seul pas, mais dans le mauvais sens, puisque nous sommes hors-Constitution depuis l’annulation de l’élection présidentielle. Les institutions du pays continuent de fonctionner normalement, les Algériens font montre d’une maturité exceptionnelle, mais cela suffit-il pour régler les problèmes de développement, de la croissance, du chômage, de la Santé et autres. La réponse est bien entendu «non». Cela, pour dire que si le tableau qu’offre l’Algérie au monde est très beau, il n’est pas pour autant la panacée…

Par Nabil.G