samedi , 21 septembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Après 8 semaines de mobilisation populaire à travers le pays </span>:<br><span style='color:red;'>C’est l’impasse !</span>

Après 8 semaines de mobilisation populaire à travers le pays :
C’est l’impasse !

La parole populaire est bel et bien parvenue, mais comment la matérialiser sur le terrain ? La question est d’autant plus difficile qu’il ne se profile aucune réponse à l’horizon. Le président de l’Etat a proposé la création d’une instance collégiale indépendante chargée d’organiser la présidentielle crédible. Les partis de l’opposition ont fait la sourde oreille, préférant rester dans la posture qui est la leur depuis le 22 février dernier.

Les Algériens qui ont confirmé leur haut niveau de mobilisation à l’occasion du 8e vendredi appréhendent, et c’est tout à fait normal, la suite des événements dans le pays. Les trois dernières grandes manifestions ont délivré des messages précis, sur l’application des articles 7, 8 et 102 de la Constitution. Le peuple ne veut absolument pas que Bedoui, Bensalah et Belaïz poursuivent leur mission à la tête de l’Etat, du gouvernement et du Conseil constitutionnel. Dire que les autorités du pays sont restées sourdes, serait faire montre d’injustice à leur égard.
Il est en effet évident que l’ANP, comme la présidence de l’Etat ou tout autre institution, voudraient que les choses reviennent à leur place et que l’Algérie retrouve sa dynamique de développement, avec les acquis démocratiques que cela suppose. Mais écouter l’ordre du peuple est une chose et le mettre à exécution en est une autre. Et pour cause, tout le monde fait le constat de l’impossibilité de dérouler le plan de Bensalah, tel qu’édicté par l’article 102 de la Constitution. Une présidentielle dans 3 mois relève donc de «l’hérésie politique», d’abord parce que le processus ne respecte pas la revendication du peuple qui consiste à évincer les 3B. Ensuite, parce que les préalables que posent certains candidats potentiels sont tellement « lourds » qu’il faille bien plus de trois mois pour espérer créer une atmosphère susceptible de permettre un déroulement serein de la présidentielle.
La parole populaire est bel et bien parvenue, mais comment la matérialiser sur le terrain ? La question est d’autant plus difficile qu’il ne se profile aucune réponse à l’horizon. Le président de l’Etat a proposé la création d’une instance collégiale indépendante exclusivement formée par les partis et des personnalités de la société civile et chargée de réunir toutes les conditions pour la tenue d’une présidentielle crédible. Les partis de l’opposition ont fait la sourde oreille, préférant rester dans la posture qui est la leur depuis le 22 février dernier, à savoir, animer la rue de loin et pousser le pouvoir dans ses derniers retranchements. Les formations de l’alliance présidentielle, déjà largement décriées par la rue, ont leurs propres soucis avec leurs bases. Le FFS n’est pas dans une meilleure situation. Bref, les partis traditionnels de la scène nationale sont totalement «disqualifiés».
Le reste de la classe politique, formé de partis nés en 2012, suivi par le RCD, se démènent à faire des propositions de sortie de crise. Le problème, c’est cette grande dispersion, de sorte que «le chahut politique» débouche sur rien. De fait, ces partis reviennent systématiquement aux revendications de la rue, sans rien proposer de concret. Les uns et les autres sont d’accord sur le principe d’une présidence transitoire collégiale, mais personne n’ose proposer une équipe.
Et tout ce beau monde refuse de prendre langue avec la présidence de l’Etat au risque de se voir «chahuter» par la rue. Résultat : le pays est dans l’impasse en raison d’une classe politique qui refuse de faire de la politique. Les vendredis se suivent et risquent de ne plus se ressembler, en ce sens que l’on commence déjà à sentir l’empressement des Algériens à sortir de cette situation de «ni guerre ni paix»…
Younes Rahal