mardi , 21 novembre 2017

C’est quoi au juste une APW ?

La session de l’Assemblée populaire de wilaya (APW), qui s’ouvre aujourd’hui, se penchera sur plusieurs points, inscrits à l’ordre du jour, dont la budgétisation des aides financières allouées à la wilaya, l’adoption du Plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU), de certaines communes et le bilan des activités de la wilaya, pour l’exercice 2016… Un bilan, présenté par les autorités locales, qui sera sans aucun doute adopté à l’unanimité des membres présents. Non pas parce qu’il peut contenir à l’évidence, de nombreux points positifs, méritant éloges et satisfaction, mais plus simplement, en raison de la « nature » de ces réunions d’élus, plombées depuis des lustres, dans le seul culte de l’approbation, sans compréhension et sans conviction. Tous ceux qui connaissent le mode actuel de fonctionnement de cette assemblée dite représentative, savent bien, que ce genre de réunions, demeurent des non-événements installés en décor de façade, d’une démocratie d’exclusion. Comme toujours, en cette occasion, des dossiers importants pour la collectivité seront abordés, parfois étoffés de chiffres, de statistiques et d’analyses, hors de portée du commun des Oranais. Une bonne majorité ne sait d’ailleurs même pas, que cette APW existe et « travaille » à leur chevet. A l’image de ce jeune, interrogé sur l’actualité locale et qui semblait plutôt blasé: « Ils ont beau se réunir, rien de concret ne sort de leur débat, en faveur de notre situation… Ils ne servent à rien, sinon à consommer l’argent public, par de grosses indemnités et régler leurs affaires personnelles… APW, APC et même l’APN, sont des instruments de l’Etat et des vrais décideurs…Le reste c’est du cinéma! ». Un constat certes amer et abusif, mais qui reflète en réalité, la désillusion partagée, face au terrain de gestion des affaires locales. Il ne faut pas être grand expert en architecture et urbanisme, pour se rendre compte des erreurs et des inepties, ordonnées et commises à Oran, depuis plus de quarante ans. A croire, qu’à Oran, il n’existe aucune compétence, aucun professionnel intègre et crédible, pouvant suggérer ou exprimer des choix et des préférences, sur l’occupation et les modifications de l’espace urbain collectif. Certains projets, tels que la piscine olympique de l’université USTO, l’ex-Palais des congrès en cours de finition depuis des années à Hai Essabah ou encore la carcasse de l’hôtel Château Neuf, reprise par l’APC, reflètent l’opacité de la gouvernance locale, en matière de gestion de certains dossiers. A quoi donc peut bien servir une assemblée élue, face au déficit d’explication, de communication et surtout d’implication du citoyen, dans les grandes décisions de construction, de l’avenir urbain de la ville ? La démocratie participative, à l’image d’un système toujours nourri, par l’atavisme de la pensée unique, a encore beaucoup de chemin à parcourir. Sans remettre en cause les efforts des pouvoirs publics et les moyens importants, engagés par l’Etat pour répondre aux besoins sociaux, les citoyens ne cessent surtout de pointer du doigt, les carences et les anomalies régulièrement constatées dans la prise en charge et le suivi de certaines actions vitales, pour l’avenir urbain et l’amélioration du cadre de vie collectif.

Par S.Benali