mercredi , 21 novembre 2018
<span style='text-decoration: underline;'>Surcharge des classes </span>:<br><span style='color:red;'>Cette épine qui fait boiter l’école</span>
© OT / Lazreg

Surcharge des classes :
Cette épine qui fait boiter l’école

L’élargissement des examens de rattrapage aux élèves ayant obtenu, pour le cycle primaire, des moyennes entre 4 et 4.99 sur 10 et à ceux ayant obtenu, pour le cycle moyen, des moyenne entre 9 et 9.99 sur 20, constituent l’essentiel de l’arsenal pédagogique déployé par Mme Benghabrit.

Le problème récurrent de la surcharge des classes est pris à bras le corps par le Ministère de l’Education Nationale qui prévoit tout un plan à plusieurs niveaux d’intervention. Nouria Benghabrit a expliqué la démarche du secteur dont elle a la charge, en mettant la question du redoublement des classes au centre de sa stratégie pour mettre un terme à la surcharge des classes. Relevant toutefois que cet aspect ne répond pas à la problématique dans son ensemble, la Ministre de l’Education Nationale a souligné dans une déclaration à l’agence officielle de presse que l’échec scolaire constituait «un problème pour le secteur car il est une des causes de la surcharge de classe». Il va de soi que d’autres facteurs interviennent également dans la persistance du phénomène, à l’image du retard accusé dans la réalisation de projets, après leur dégel.
On reteindra aussi, parmi les causes de la surcharge constatée cette année scolaire, dans les zones d’Alger Est et d’Alger Ouest entre autres, la forte affluence de nouveaux élèves, notamment pour le cycle obligatoire, suite aux opérations de relogements dans ces régions. Pour palier à cet état de fait, il a été procédé de façon «exceptionnelle et temporaire», à l’installation de 2 à 4 classes «préfabriquées» dans des établissements scolaires ou au niveau d’espaces vacants contigus, soulignant toutefois que cette solution «ne règlera pas le problème de la surcharge des classes de manière définitive».
Ne se contentant pas de cette simple explication, la ministre a initié des mesures pédagogiques. L’élargissement des examens de rattrapage aux élèves ayant obtenu, pour le cycle primaire, des moyennes entre 4 et 4.99 sur 10 et à ceux ayant obtenu, pour le cycle moyen, des moyenne entre 9 et 9.99 sur 20, constituent l’essentiel de l’arsenal pédagogique déployé par Mme Benghabrit. «Partant du principe que l’élève qui a obtenu une moyenne légèrement en dessous de 5 sur 10 ou de 10 sur 20 mérite une deuxième chance, il a été décidé d’élargir les examens de rattrapage à toutes les classes, à l’exception de celles des examens nationaux (5ème année primaire, 4ème année moyenne et 3ème année secondaire)», a-t-elle expliqué. Autre solution préconisé par la tutelle, le système de la double vacation, notamment pour le cycle primaire a été mis en place dans nombre d’établissements du cycle moyen, avec des classes mobiles.
Dans cette batterie de solutions imaginées par le ministère de l’Education nationale, le principe d’accorder une attention particulière aux élèves de la 1ère et de la 2ème année primaire et ceux des classes d’examen de fin de cycle est souligné avec force. L’objectif est de faire en sorte à ce que cette catégorie d’élevée ne soit pas «affectée par le problème de la surcharge des classes».
«La surcharge des classe exige de l’enseignant un effort supplémentaire, particulièrement en matière pédagogique, d’ou la nécessité d’un accompagnement et d’une formation continue», a insisté Mme Benghabrit. Evoquant l’aspect moral, la Ministre a mis l’accent sur l’importance de l’accompagnement dans ce sens car, a-t-elle dit, «la relation de l’élève au savoir est tributaire de sa relation à l’enseignant, en ce sens où l’élève a besoin d’être encouragé pour avoir confiance en lui».
Toute cette attention concentrée sur les élèves est mue par la volonté de faire de l’année scolaire 2018/2019, celle de la matérialisation des recommandations des deux Conférences nationales, organisées en juillet 2014 et juillet 2015, sur l’évaluation et la mise en œuvre des réformes de l’école. Soulignant que «l’école de qualité requiert le professionnalisme en matière de pratiques d’enseignement et de gestion, notamment pour les enseignants qui suivent des perfectionnements de niveau à travers la formation continu», la ministre a estimé que «la professionnalisation par la formation passe par un système national de standardisation des normes, formalisé dans le référentiel national des apprentissages, de l’évaluation et la formation». Tout un programme.
Alger: Smaïl Daoudi