lundi , 21 octobre 2019

Ceux «qui rasent les murs» pour passer inaperçus…

Dans presque toutes les discussions entre citoyens, au travail, dans la rue ou autour d’une table au café du quartier, c’est essentiellement les grands scandales autour de la dilapidation du foncier et de la prédation mafieuse qui animent le débat et restent au cœur des interrogations et des préoccupations collectives. Un confrère avisé faisait remarquer, à juste titre, que pour la majorité des citoyens, les auteurs de ces affaires scandaleuses sont les premiers responsables de la dégradation du cadre vie, des déficits en logements et en équipements publics, voire même de la flambée des maux sociaux, des perversions et du recul des valeurs morales. Cela traduit en réalité le sentiment partagé que le système mafieux qui prenait le pays en otage ne se souciait guère des véritables besoins et attentes sociales, mais se servait des opérations inscrites au développement pour enrichir ses membres et se partager la rente en toute impunité.
C’est du moins ce que beaucoup d’entre eux pensaient, convaincus de la toute puissance d’un Pouvoir assurant leur «immunité». Aujourd’hui, toutes les données ont changé, bouleversant le paysage politique et social sur les arènes locales désormais ouvertes aux changements et à la dénonciation des dérives et des abus commis par des acteurs de moins en moins présents visibles sur le terrain. A Oran et dans les grandes communes limitrophes, notamment à Ain El Turk, El Karma et Bir El Djir, bon nombre de citoyens évoquent la «disparition» de tel ou tel personnage connu ou moins connu, qui auparavant ne cessait pas de se «faire voir» à n’importe qu’elle occasion. Certains, connus pour avoir amassé leur fortune à travers de multiples magouilles foncières et bancaires, auraient pris le large du côté d’Alicante ou de Benidorm.
A Ain El Türk, notre confrère nous révèle qu’un bon nombre d’investisseurs connus sur la scène publique, ont disparu des radars depuis quelques temps. Certains sont concernés et cités dans des affaires judiciaires en cours, liées à des opérations frauduleuses d’accaparement de grandes assiettes foncières. Des affaires impliquant souvent des élus locaux, un député ou un sénateur, membres de l’ancienne cour d’allégeance au système de prédation. Aujourd’hui, les oranais observent, avec un sourire moqueur au coin des lèvres, que des guignols de la vieille arène politicienne voulant mettre le nez dehors, rasent les murs de la ville pour éviter le regard des citoyens…

Par S.Benali