mercredi , 21 novembre 2018

«Chacun pour soi, Takhti Dari…»

Ici et là à travers les communes, des habitants par le biais de représentants du quartier, prennent contact avec les rédactions des journaux à Oran pour dénoncer ce qu’ils qualifient de «mépris et d’indifférence» des gestionnaires locaux face à leur revendications liées dans la majorité des cas à l’état des lieux de leur cadre de vie. Ce fut le cas, en début de semaine, des résidents de la cité 250 logements « Sidi El Houari », dans le quartier des Planteurs qui ont occupé la route au niveau de l’intersection près des ex-bassins de Sidi El Houari, bloquant ainsi la circulation automobile sur les axes menant vers Ras El Aïn, la place du 1er Novembre, la Pêcherie, les Planteurs et vers les Amandiers. Le raccordement au réseau du gaz naturel, les perturbations dans l’alimentation en eau potable, l’hygiène publique et l’environnement étaient encore une fois à l’origine de la colère et de la contestation. Avant-hier, c’était les résidents de tout un quartier dans la commune de Bousfer qui exprimaient leur raz le bol face à la détérioration de leur cadre de vie, après l’arrêt ou l’abandon (?) d’un projet d’aménagement de la voirie. En effet, l’entreprise chargée des travaux avait, il y a deux ans, subitement quitté le chantier après avoir procédé au décapage de la chaussée. Ce déplorable état de fait se répercute, négativement sur le cadre de vie des habitants, avec la poussière durant la saison estivale, et la transformation de la chaussée en un véritable marécage dès les premières pluies. Le projet d’amélioration urbaine abandonné concernait également l’installation et le raccordement au réseau de gaz de ville. Ce qui pénalise lourdement les habitants confrontés chaque hiver aux aléas de l’approvisionnement en bouteilles de gaz butane. Sans parler aussi de l’absence totale de transport public et de structures sociales de proximité, tel qu’une école ou un centre de santé. «Nous sommes dans l’obligation de solliciter les services d’un taxieur clandestin pour nos déplacements. Nos enfants endurent le calvaire pour se rendre à leur établissement scolaire. Nous sommes isolés et nous interpellons le wali d’Oran pour mettre un terme à notre situation alarmante qui tend à perdurer malgré plusieurs requêtes adressées aux responsables locaux». Ces situations de dégradation avancée du cadre de vie collectif, suite à l’abandon d’un projet d’amélioration urbaine, sont vécues également par d’autres cités de la Commune d’Oran, notamment les 1245 logements USTO, mitoyens à la nouvelle cour de Justice bientôt réceptionnée. A signaler que la belle façade d’entrée de l’édifice en bordure du 3éme périphérique est d’un contraste hallucinant avec le décor côté cour, qui est en fait cette cité aux chaussées défoncées, aux trottoirs inexistants, aux déchets et aux sacs plastique inondant le paysage, aux caves inondées, à la poussière en été et aux boues hivernales à la moindre chute de pluie. Une cité, qui non seulement reste abandonnée par les pouvoirs publics mais apparemment également par ses résidents, «contaminés» par le virus du «chacun pour soi, Takhti Dari..».

Par S.Benali