dimanche , 15 décembre 2019

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Chômage : un taux inquiétant, mais

Entre avril et septembre 2016, le chômage a progressé de 0,6%. Il faut dire qu’une courbe haussière du chômage est le premier signe, qui informe sur le caractère grippé d’une économie. Lorsqu’on produit de moins en moins d’emplois, cela veut tout simplement dire, que la machine économique n’est pas au point, que quelque chose manque. Dans le cas de figure de l’Algérie, il est clair que ce qui fait défaut, c’est bien les investissements publics, qui ont été fortement impactés, par la crise pétrolière. Il n’est pas besoin de sortir d’une grande école, pour le deviner. D’ailleurs, tout le monde, des experts du FMI et de la banque mondiale, jusqu’au commentateur de presse, s’attendait à une raréfaction de l’offre d’emploi, sachant que l’essentiel de l’effort, qui soutenait la croissance de la demande, venait des projets publics initiés par le gouvernement.
Cela pour la première lecture, d’un des chiffres les plus difficiles à faire baisser, dans le contexte financier actuel. Mais si l’on se donne la peine, d’une analyse un peu plus profonde, l’on se doit de relativiser la baisse de 0,6%, qui pourrait être un simple incident de parcours. Bien des économies prospères connaissent des pics haussiers de leur taux de chômage, avant de revenir à des niveaux acceptables. Pour véritablement apprécier une courbe du chômage, il faut l’observer, sur une durée de six mois au moins. Si le curseur poursuit son ascension, cela voudra dire, que le feu est vraiment dans la maison. Entendre, que l’économie nationale est sérieusement handicapée, et ne pourra se reprendre, qu’avec un retour massif des investissements publics. On en n’est pas encore là, et mieux encore, le gouvernement dispose d’une marge de sursis, à voir tous les projets annoncés ici et là. Mais cela suffira-t-il à maintenir le taux de chômage, en dessous de la barre psychologique des 12% ? Les experts sont très divisés sur la question. L’économie algérienne a, en effet, ceci de spécifique, c’est qu’elle n’est pas sérieusement «chiffrée». A première vue, nous allons droit au mur, mais nous sommes dans cette situation depuis juin 2014, et l’Algérie tient toujours bon. Alors un chômage à 10,5% est sans doute un peu inquiétant, mais ne vendons pas la peau de l’ours, avant de l’avoir abattu.

Par Smaïl Daoudi