dimanche , 26 janvier 2020

Colère des mal-logés, «natifs d’ici ou d’ailleurs…»

Des dizaines de demandeurs de logements dans la commune de Oued Tlélat, ont occupé en début de semaine la chaussée, pour exprimer leur colère et revendiquer un toit décent pour leurs familles. Après un sit-in, observé devant le siège de l’APC, les contestataires se sont regroupés le soir, à la sortie de Oued Tlélat, en allant vers Oran où ils ont fermé l’autoroute à la circulation. Un important cordon sécuritaire a été déployé sur les lieux pour calmer les esprits et parer à toute éventualité. Ce mouvement de protestation aurait pour origine, une rumeur faisant état de l’affectation du quota de 400 logements RHP qui leur a été réservés par le wali d’Oran, à des familles occupant des bidonvilles dans d’autres Communes. Une rumeur, qui a été facilement propagée, suite au grand nombre de familles recasées à Oued Tlélat dans le cadre de l’éradication de l’habitat précaire, notamment le programme spécial du quartier oranais des Planteurs. Le chef de daïra et le président de l’APC de Oued Tlélat se sont rendus sur le lieu de rassemblement des contestataires bloquant l’autoroute, pour désamorcer la colère, à travers un ferme démenti de cette «rumeur», qui a trop vite circulé. Ces responsables locaux auraient donc assuré, que le «quota de logements en question, sera bel et bien maintenu et affecté aux «natifs de Oued Tlélat». Cette curieuse conception et mise en œuvre de la politique de distribution du logement, ne cesse de nourrir des interrogations et des risques, sur l’avenir de la «cohésion sociale». Tant il est vrai, que les priorités et les urgences dans le temps et dans l’espace territorial, ne peuvent plus être justifiées et assumées, par des représentants de l’Etat, dépassés à la fois par les déficits, les pressions et les enjeux, dictés par la conjoncture. On sait, que depuis ces six dernières années, l’éradication des bidonvilles et le relogement des occupants, reste le principal critère d’évaluation de l’action des walis en poste, condamnés à jongler avec les chiffres du programme disponible et ceux des demandeurs, occupants réels ou fictifs de baraques illicites. Suite aux graves risques de trouble et perturbation de l’ordre public qui planait sur la Commune de Oued Tlélat, située sur l’autoroute Est/ouest à l’entrée d’Oran, on apprenait que le wali d’Oran a ordonné l’installation d’une commission chargée «d’étudier les dossiers d’attribution de logements sociaux» et de «prendre en charge les doléances des habitants». Du «déjà vu, déjà entendu» pourraient dire les mauvaises langues locales. Après les vrais ou présumés «natifs de Oued Tlélat», les «natifs d’autres communes de la wilaya, pourraient eux aussi, se réveiller avec à la bouche ce même slogan réducteur, reflet des résurgences du clanisme et du régionalisme primaire…

Par S.Benali