jeudi , 17 août 2017
<span style='text-decoration: underline;'>Mostaganem</span>:<br><span style='color:red;'>Colloque national de la Zaouia El Bouzidia: «Le Soufisme: voie de l’amour et école de la fraternité»</span>
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Mostaganem:
Colloque national de la Zaouia El Bouzidia: «Le Soufisme: voie de l’amour et école de la fraternité»

Comme annoncé dans notre édition du 28 du mois courant, plus d’un millier d’adeptes et de sympathisants du soufisme (Tassaouf), venus de différentes wilayas, ont participé au colloque national, organisé avant-hier par la Zaouïa El Bouzidia comme à l’accoutumée.

Ainsi, des docteurs d’universités et des cheïkhs de Zaouïas ont animé des conférences en apport avec le thème du colloque «le Soufisme voie de l’amour et école de la fraternité». Deux éléments essentiels pour l’édification et la consolidation d’une nation (Ouma). Ainsi, des intervenants ont rappelé l’important rôle joué par les cheïkhs de Zaouïas dans la sauvegarde des rangs, de l’identité, de la personnalité du peuple algérien durant l’occupation coloniale française.

De même, le maintien de la flamme du militantisme de par les multiples insurrections populaires, l’apprentissage de la langue arabe et de l’esprit fraternel, dans le cadre de l’application au quotidien du soufisme (Tassaouf), essence et âme de l’Islam. D’autres conférenciers ont, entre autres, mis en exergue l’idéologie destructrice des peuples musulmans, prônée par des courants extrémistes au service des forces du mal, activant pour déstructurer et saper la ouma musulmane.

La coalition qui mène des raids au Yémen, a été dénoncée, alors que l’Etat sioniste n’est pas du tout inquiété et continue de soumettre à tous types d’exactions des Palestiniens, notamment Ghaza. Aussi, pour les professeurs d’universités, le soufisme (Tassaouf) qui respecte les identités des peuples, constitue la seule solution aux différentes causes qui secouent le monde.

Bien appliqué, le soufisme met en place au sein de l’espèce humaine d’abord la confiance, l’amour, l’entraide l’esprit d’égalité, d’équité et surtout de liberté tout en respectant scrupuleusement les droits de l’homme dans leur vraie conception, tenant ainsi compte de l’omniprésence de son créateur (Allah) qui n’accepte nullement qu’on porte atteinte à l’une de ses créatures.

Aussi, au cours dudit colloque, la lecture du Coran et la Samaâ (chant religieux glorifiant Allah et son Prophète Sidna Mohamed (la paix et le salut sur lui), ont excellé, plongeant l’assistance dans l’extase de temps à autre. Et pour l’histoire, le fondateur de la Zaouïa El Bouzidia dont le siège central se trouve au faubourg ancestral et populaire de Tigditt à Mostaganem, et Sidna Mohamed Ibn El Habib El Bouzidi, connu sous le nom de «Sidi Hamou Cheïkh» né en 1814 à la vallée des Jardins, à trois kilomètres de Mostaganem, Sidi Hamou a appris auprès de son père Sidi El Habib le Coran par Cœur.

Ensuite, il a suivi à la Zaouïa de sidi Bettekouk dans la commune de Bouguirat des cours de langue arabe et de Fiqh, puis s’est rendu au Maroc, précisément à la Zaouïa Derquaouia à Karkar dans la province de Nador. Il apprit du Cheïkh Sidi Mohamed Ibn Kaddour El Ouakili, un maître incontesté du soufisme, les notions de la science soufie et parvient de par une application rigoureuse de cette science à réaliser la vérité absolue (connaissance divine). Sidi Hamou est resté dans ladite Zaouïa près de quarante ans. Il a dirigé après la mort de son Cheïkh Sidi Mohamed Ibn Kaddour El Ouakili, la Zaouïa pendant quelques années, c’est-à-dire jusqu’à ce que les enfants de son cheïkh aient atteint l’âge de bien raisonner.

De retour à Mostaganem vers 1880, Sidi Hamou ouvrit une Zaouïa et s’entoure de plusieurs adeptes à qui il enseignait la science soufie. Parmi ces disciples, citons Sidi Ahmed Ibn Mostéfa Al Alawi qui deviendra son héritier et fonda à son tour la tarika qui porte son nom, après la mort de Sidi Hamou, survenue en 1909.

Ainsi, Sidi Ahmed Alawi parle de l’enseignement soufi raffiné qu’il a reçu de Sidi Hamou comme suit: «l’infini ou monde de l’absolu que nous croyons en extérieur à nous-mêmes, est au contraire universel et existe aussi bien en nous-mêmes qu’au dehors. Il n’y a qu’un seul monde. C’est celui que nous considérons comme le monde sensible, le monde de fini ou temporel, n’est qu’un ensemble de voiles cachant le non du réel. Ces voiles sont nos sens qui ne nous donnent pas la vision exacte des choses, mais qu’au contraire en empêchent et limite la pleine perception. Nos yeux sont le voile de la vue, nos oreilles, le voile de l’ouïe et ainsi des autres sens. Pour se rendre compte de l’exactitude du monde réel, il faut en supprimer tout fonctionnement, fermer les yeux, se boucher les oreilles, s’abstenir du goût, de l’odorat, du toucher. Que reste-t-il alors de l’homme ? Il reste donc une lueur légère qui apparaît comme la lucidité de sa conscience. Cette lueur est très faible à cause des voiles qui l’entourent, mais il y a continuité parfaite entre elle et la grande lumière de l’infini. C’est dans cette lumière que se concentre alors la perception du cœur, de l’âme, de l’esprit et de pensée.

Le dikr du nom divin «Allah – Allah» est comme le va-et-vient qui affirme la continuelle communication de plus en plus complète, jusqu’à l’identité entre la lumière de la conscience et les éblouissements fulgurations de l’infini. Cette continuité s’étant constatée, notre conscience peut par le Dikr couler en quelque sorte, se répandre dans l’infini et fusionner avec lui au point que l’homme arrive à se rendre compte que seul l’infini est, et lui l’homme conscient n’existe que comme voile une fois, cet état réalisé, toutes les lumières de la vie infinie peuvent pénétrer la vie du soufi et le faire participer à la vie divine. «Nous leur montrerons bientôt nos signes dans l’univers et en eux-mêmes, jusqu’à ce qu’ils voient clairement que ceci est la vérité» (Coran).

Rappelons, que Sidi Ahmed Alawi s’était tout jeune affilié à la tarika aïsaouia et est parvenu à dompter les serpents, mais quand Sidi Hamou le rencontre, il lui dit «Il en existe un véritable monstre en toi dont tu aurais moins facilement raison. Veux-tu que je te le nomme ? C’est ton nafs, ta nature intérieure. C’est elle que tu dois dompter. Ce sont tes passions. Depuis ce jour, Sidi Ahmed Alawi a dit: j’ai pris sidi Hamou cheïkh comme maître dont il est resté très fidèle.

C.N