lundi , 21 octobre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Miliana (Aïn Defla)</span>:<br><span style='color:red;'>Commémoration du 62ème anniversaire de la mort d’Ali la Pointe</span>

Miliana (Aïn Defla):
Commémoration du 62ème anniversaire de la mort d’Ali la Pointe

La commune de Miliana (Aïn Defla) a commémoré  mardi le 62ème anniversaire de la mort du chahid Ali Ammar, dit Ali la  Pointe, tombé au champ d’honneur le 8 octobre 1957.

Une gerbe de fleurs a été déposée devant la stèle érigée sur la place qui  porte le nom du martyr au cours d’une cérémonie organisée en présence des  moudjahidine de la région et des autorités civiles et militaires de la  wilaya, à leur tête le wali, Aziz Benyoucef. Une exposition de photos retraçant le parcours élogieux d’Ali la Pointe a  été organisée à l’occasion en présence de nombreux jeunes avides d’en  savoir d’avantage sur l’un des plus grands héros de la révolution connu  notamment pour avoir pris part à la Bataille d’Alger. Un programme aussi riche que varié a été abrité à l’occasion par le  théâtre Mahfoud Touahri de Miliana en vue de célébrer l’anniversaire de cet  illustre martyr épris de justice et de liberté.
Dans une communication portant sur l’évènement, Dr Abderahmane Tounsi de  la faculté d’histoire de l’université Djillali Bounaâma de Khémis Miliana,  s’est longuement attardé sur le parcours d’Ali la Pointe, mettant en  évidence de nombreuses facettes de son combat héroïque. Il a, dans ce cadre, affirmé qu’Ali la Pointe a, dès son très jeune âge,  été influencé par son grand-père paternel, lequel a été déporté vers  Cayenne (Guyane du nord) en raison de son activité anti-coloniale. Sur son image de «petit malfrat multirécidiviste» d’avant la guerre de  Libération, il a souligné que les autorités coloniales d’alors avaient  «grandement exagéré» sur le sujet, imputant certains comportements jugés  «violents» d’Ali la Pointe au fait qu’il a pratiqué la boxe pendant un  certain temps. Le conférencier a observé que les contacts du martyr avec les militants du  FLN durant les années 54 et 55 l’ont influencé à plus d’un titre,  renforçant en lui la justesse de la cause pour laquelle se battent ses  concitoyens. Alors qu’il était en route pour la prison de Damiette (Médéa), il a réussi  à prendre la fuite à hauteur de Blida, a-t-il fait savoir, nouant des  relations avec un groupe dit de l’Algérie libre (Zone Autonome d’Alger),  lequel l’a mis en contact avec Yacef Saâdi.
A la fin de cette cérémonie, des moudjahidines de la wilaya de Aïn Defla  ainsi que des représentants de la famille d’Ali la Pointe ont a été honorés  par le wali dans une ambiance empreinte de convivialité et de méditation. La s£ur du chahid Mustapha Ferroukhi a également été honorée à l’occasion  de la journée internationale de la diplomatie célébrée également le 8  octobre de chaque année. Combattant au courage et à l’audace exemplaires de la lutte de Libération  nationale, Ali Ammar (1930-1957), est principalement connu pour sa  participation à la Bataille d’Alger aux côtés de Hassiba Ben Bouali, Zohra  Drif, Omar Yacef (dit petit Omar) et Yacef Saâdi, alors chef de la Zone  autonome d’Alger (ZAA).
En 1952, Ali Ammar, alors âgé de 22 ans, est incarcéré à la prison de  Damiette (Médéa). Trois années plus tard, le 2 avril 1955, il s’évade en  compagnie de l’un de ses compagnons de cellule. Il prit, dans un premier temps, la direction de Blida puis réussit à  rallier Alger où il entra en clandestinité.
Après plusieurs tests et mises à l’épreuve qui consistaient à mener des  missions périlleuses dans la capitale, quadrillée alors par les  parachutistes du général Massu, notamment des attentats contre des  gendarmes, Ali la pointe constitua avec un groupe de fidayîn, dont font  partie Hassiba Ben Bouali et Abderrahmane Taleb, un commando de choc qui  alla porter le combat au cœur même de l’état-major français. Après trois années de lutte armée (avril 1955-octobre 1957), Ali Ammar est  repéré le 8 octobre 1957 par les forces armées coloniales dans un immeuble  de la Casbah. Il est tombé en martyr avec Mahmoud Bouhamidi, Hassiba Ben Bouali et Omar  Yacef après que les parachutistes du 3e Régiment (REP) commandé par le  colonel Bigeard, eurent dynamité la maison où ils s’étaient réfugiés.