dimanche , 26 janvier 2020

Comment entretenir et moderniser notre cité?

Malgré les crédits engagés et les efforts indéniables menés ces derniers temps par les pouvoirs publics sur le terrain de gestion et d’amélioration urbaine, beaucoup encore reste à faire pour assainir l’espace de vie collectif de toutes les tares et de tous les désagréments rencontrés au quotidien par les citoyens à travers les rues et les quartiers. Il est vrai que la tâche est ardue et bien compliquée compte tenu de l’ampleur de ce qu’il convient d’appeler les «points noirs» cumulés ici et là depuis des années. Des «points noirs», ou plutôt des «taches noires», qui fleurissent le décor urbain dans une ambiance d’impunité et de banalité propre à cette «ruralisation» tant décriée. Depuis longtemps, Oran et ses communes limitrophes sont restées pénalisées non seulement par les lacunes de gestion et de maintenance du tissu urbain, mais aussi, voire surtout, par les comportements et les mentalités forgées par l’histoire d’une société déstructurée où le sens même de la responsabilité citoyenne reste à construire et à consolider. Comment par exemple expliquer que des marchés couverts, nouvellement réalisés, comme celui de l’USTO au prolongement des «pyramides», restent désertés par des marchands qui ont préféré ériger d’hideuses baraques sur le trottoir le long de la route et de la ligne du tramway, pour vendre leurs produits. Interrogés sur les raisons d’une telle situation, de jeunes marchands vous répondent nonchalamment « Allez demander à Mohamed, le Maire de Bir El Djir,…». Allusion sans doute au constat d’échec non assumé de cette opération de distribution de places de vente au nouveau marché aux jeunes chômeurs de la cité. Sur ce grand Bd de l’USTO reliant le rond point des trois cliniques à l’EHU et à l’université, seul, peut-être, le passage du tramway donne au décor un signe de développement urbain et de progrès. Mais l’état des lieux des trottoirs les plus souvent défoncés, les façades de magasins parfois hideuses et rafistolées, l’encombrement de la chaussée, les marchands illicites squattant des espaces poussiéreux, les tas de déchets abandonnés, les sacs plastiques qui voltigent parmi les passants, et bien d’autres images propres à une clochardisation urbaine avancée, ne peuvent que forger le doute et le pessimisme sur nos capacités collectives à pouvoir… entretenir et moderniser notre cité.

Par S.Benali