dimanche , 15 décembre 2019

Comment gérer les affaires communales ?

On apprenait hier, qu’une instruction du Wali a été adressée aux maires, leur signifiant de mettre un terme au laxisme et à l’anarchie qui règne, en matière d’intervention sur les voies publiques (routes, trottoirs, espaces publics, dépendances, accotement… etc.). Le Wali a notamment rappelé par cette instruction, que toute intervention sur les réseaux est interdite, sans une autorisation de voirie délivrée par les «services compétents» de la Commune. Et les intervenants doivent respecter les dispositions légales qui prévoient la remise en état du site d’intervention, notamment après des travaux sur les réseaux sous terrains. Cette instruction du Wali a donc le mérite, de rappeler à l’ordre les gestionnaires municipaux qui semblent avoir carrément oublié que cette mission d’entretien et de préservation de l’espace public, relevait de leurs prérogatives et attributions. On sait, depuis toujours, que la plupart des trous, des tranchées et autres interventions sur les trottoirs et les chaussées, sont le plus souvent colmatés par un léger remblai, laissant place à des «plaies» causant de multiples désagréments aux automobilistes et aux piétons. Sans parler du décor urbain altéré et clochardisé par ces images propres à une «ruralisation» avancée. Il y a moins d’un mois, le wali d’Oran avait révélé, que pas moins de 56% du réseau routier de la wilaya est en état de dégradation et nécessite une opération de réhabilitation. Un constat sans complaisance, qui illustre l’ampleur des dysfonctionnements et des carences persistantes dans ce volet de gestion des interventions sur la voirie, par les opérateurs publics concessionnaires des réseaux et les sous-traitants. Malheureusement, quand on observe le fonctionnement d’un grand nombre de nos Mairies, on ne peut qu’être envahis par le doute et le pessimisme sur les capacités, les motivations et les compétences devant permettre aux élus gestionnaires, d’assumer leur mission. A Ain El Turck où le Wali serait sur le point de désigner un administrateur pour gérer les affaires de la commune, les limites du laxisme et du renoncement collectif, ont été dépassées au-delà du tolérable et des règles élémentaires d’un Etat de Droit. Face à un système de «confiscation» de la légitimité populaire, au profit de clans adoubés par les sphères partisanes, rien de crédible ni de durable, ne saurait être entrepris en matière de gestion municipale ou de maintenance du cadre urbain.

Par S.Benali