jeudi , 14 novembre 2019

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Concrétiser l’objectif ultime

A eux deux, ils ont géré le pays durant ces deux dernières décennies. A tour de rôle, ils ont mis en musique la politique de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika. Chefs de gouvernement ou Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal étaient au tout haut du pouvoir de décision dans le pays durant les 20 longues années du règne de Bouteflika.
Certains les classaient dans la caste des intouchables tellement ils ont eu un rôle incommensurable dans la gestion des carrières de milliers de cadres algériens dans tous les domaines possibles. Mais voilà que ces trois derniers jours offrent aux Algériens des scènes quasi surréalistes pour la plupart d’entre eux. Convoqués par la justice, les deux puissants hommes sont mis en prison par le juge d’instruction pour de lourds griefs de corruption, de dilapidation de deniers publics, d’abus de pouvoir, d’octroi de privilèges indus et d’autres accusations encore où ils risquent de lourdes peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison selon certains juristes.
Un chamboulement inimaginable il y a seulement quatre mois de cela, mais qui s’est accéléré depuis que le peuple algérien a cassé ses chaines et sorti en masse un certain 22 février 2019 pour renverser la table sur un régime et des pratiques devenues intolérables et dangereuses pour l’avenir du pays.
Le vent, depuis cette date, a totalement changé de direction et les événements se sont succédé de manière folle avec la démission de Bouteflika et d’autres événements majeurs qui ont bouleversé les donnes dans le pays grâce à une révolution pacifique et unique dans les annales de l’histoire universelle. Une « silmiya » qui a arraché bien des acquis, mais qui aspire à atteindre l’objectif ultime, à savoir, ériger une nouvelle république où le citoyen sera vraiment au centre de toutes les politiques et où la démocratie, la justice et la liberté d’expression seront des piliers indiscutables et non négociables.
L’Algérie depuis moins de quatre mois est en train de changer en profondeur, comme jamais ce ne fut le cas depuis 1962, mais le grand défi aujourd’hui est de sortir de la crise dans les plus brefs délais et d’engager le pays sur la voie de ces aspirations populaires qui devront un jour se concrétiser par l’élection d’un président ne souffrant d’aucune illégitimité et qui sera l’homme ou la femme choisi par la majorité des Algériens et qui devra engager le pays dans cette nouvelle perspective qui ouvrira grandes les portes du grand changement tant attendu et mettre fin à ces anciennes pratiques qui ont tant fait de mal à l’Algérie.
Par Abdelmadjid Blidi