mardi , 20 août 2019

Convoitises, pressions et… polémiques sur le foncier

On remarque de plus en plus souvent, à Oran, une montée de polémiques et de contestation autour de questions d’affectation et d’occupation d’assiettes foncières jugées par certains non conformes aux lois et aux règlements. En début de semaine, des résidents du quartier El Akid à l’est de la ville, auraient adressé au Wali d’Oran, une pétition pour dénoncer «le détournement leur vocation de deux parcelles de terrain faisant partie d’un ensemble destiné à un projet de jardin- espace vert». Selon les signataires du document, les pouvoirs publics auraient même déjà «alloué des sommes faramineuses» à ce projet de grand jardin. Selon les mêmes contestataires, largement cités et médiatisés par un journaliste de la presse locale, les parcelles foncières «devant» servir d’espaces verts, ont été affectées à l’implantation de deux projets initiés par deux opérateurs privés, Access pour construire un siège, et BCIHF pour une promotion immobilière. Estimant que cela est contraire aux dispositions prévues par le Plan d’Occupation des Sols qui, selon eux, réserve ces terrains à des espaces verts, les résidents contestataires d’El Akid «réclament l’ouverture d’une enquête et appellent la justice à mettre toute la lumière sur les abus auxquels le foncier oranais a dû faire face depuis des années…». Tout un programme. On ne peut évidemment que garder une certaine réserve face à de telles situations qui ne présentent qu’une seule facette d’explication et d’argumentation en faveur des protestataires qui semblent prêts à tout pour empêcher toute construction sur des espaces urbains, mitoyens à leurs résidences, et qu’ils souhaitent garder et aménager en espaces verts. Difficile de croire, sans aller le vérifier auprès des experts, que le sous-sol de ces deux terrains renfermerait «des installations hydrauliques d’envergure du projet MAO qui rendrait le terrain inconstructible». Comme il serait aujourd’hui difficile d’admettre, sans preuves et sans enquête crédible, que la décision d’affectation de ces deux assiettes foncières à deux entreprises privées, serait entachée d’irrégularités et s’inscrit au registre de la prédation sur le foncier dans cette région oranaise des plus convoitée…Il est vrai que dans un passé récent, des projets d’investissements privés, ne servaient que de prétexte et d’alibi devant justifier les détournements et la course effrénée à l’acquisition du patrimoine foncier public…

Par S.Benali