vendredi , 19 avril 2019

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Coup de starter

Avec l’entrée en lice officielle du président de la République dans l’arène électorale pour la présidentielle du 18 avril prochain, le pays s’engage de plain-pied dans un processus politique, disons-le, historique, puisqu’il constitue le dernier virage avant l’acte citoyen qui placera l’Algérie, d’une manière ou d’une autre, dans une perspective nouvelle. Il faut bien reconnaître que le jour de vote constitue pour toute République moderne un moment fort, et à plus forte raison pour les Algériens qui s’interrogent, à raison, sur l’avenir de leur Nation naissante. Et pour cause, l’acte électoral renvoie aux fondements même de la Nation et réaffirme le pouvoir qu’a le peuple sur sa destinée. Voter est un acte de citoyenneté, mais aussi un geste par lequel la société exerce son pouvoir légitime, celui de choisir ses gouvernants. En un mot comme en mille, les élections sont l’expression la plus moderne de la gouvernance, pour la simple raison qu’il y a dans cet acte une notion de réversibilité au sens où tout mandat est limité dans le temps. Fondamentalement donc, le scrutin d’avril prochain sera véritablement un rendez-vous crucial comme l’ont été les précédents et comme le seront les prochains. Mais retenons tout de même que ce ne sera qu’un rendez-vous parmi d’autres. Il ne sera jamais le dernier, selon le résultat qui sortira des urnes. Contrairement à ce que disent certaines voix défaitistes, l’Algérie est bien plus grande et bien plus solide pour que des prophétises stupides se réalisent.
Que l’on dise donc, haut et fort, que la décision du peuple souverain donnera au pays de l’élan pour poursuivre son développement et son émancipation. L’Algérie vivra certainement dans l’ambiance d’une pré-campagne politiquement tendue et traversera trois semaines de campagne électorale où l’on verra des jeunes hommes et des jeunes femmes entrer en politique et croire en la capacité de leurs champions de changer les choses ou de les faire évoluer dans le bon sens. Quant aux candidats, tous sauf un seul, n’auront pas convaincu les Algériens cette fois. Ils essayeront en 2024. L’essentiel est dans la pérennité du processus électoral. La société politique a intérêt à le sauvegarder. Il n’y a pas d’autre alternative à la démocratie. Même si quelque uns la jugent imparfaite, il faut lutter pour la parfaire. Le reste viendra avec les luttes citoyennes. Un pays n’est jamais définitivement construit.

Par Nabil.G