dimanche , 26 janvier 2020

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Course contre la montre

En attendant que le dialogue puisse prendre forme concrète, et que le panel de Karim Younes ait fait le tour de la question et rencontrer toutes les forces vives du pays, que ce soient les politiques, les jeunes, les associations, les syndicats et les grandes personnalités qui pourront, à coup sûr, donner plus de tonus et de crédibilité à la démarche de l’instance pour le dialogue, avant tout cela donc, il y a une rentrée sociale à préparer et à gérer.
Et c’est ce que s’attelle à faire le gouvernement Bedoui. Préparer une rentrée avec le moins de tensions possibles. Et comme il se sait déjà, plusieurs acteurs avancent depuis un moment, que cette rentrée sociale sera chaude et surtout ouverte sur toutes les probabilités. Une fois le temps des vacances fini, les citoyens devront revenir à leur train-train quotidien. Une rentrée scolaire où il faut faire face aux lourdes dépenses des livres, cahiers et autres trousseaux. Des écoles, collèges et lycées à choisir pour ses enfants, et ensuite les tracasseries des transports et des interminables dossiers à fournir et à retirer des différentes assemblées et autres structures administratives.
Des tracasseries que le gouvernement tente d’anticiper, et c’est en grand ce à quoi a été consacré le dernier Conseil du gouvernement, qui en plus, a mis l’accent sur la nécessité d’accélérer la finition et surtout la distribution des logements qu’attendent de milliers de souscripteurs et qui est aussi une autre fixation d’une potentielle colère sociale qui peut enflammer le front social.
Autant de points qu’il faut gérer avec grande maitrise, précision et professionnalisme. Car, à côté de cela, le dialogue tant souhaité, est encore loin de ses phases finales, et la rue continue de bouillonner chaque vendredi avec des revendications toujours réitérées par les marcheurs et reprises chaque mardi par les étudiants qui eux aussi rejoindront en nombre, bientôt, les amphis.
La situation, à voir de tous les côtés, est bien compliquée et le temps ne joue en faveur de personne, surtout pas en faveur du pays qui a besoin de voir les premières lueurs de sortie de crise et éviter, comme l’a souligné le président du panel, de voir les choses basculer du mauvais côté et faire entrer le pays dans des lendemains encore plus dangereux et aux torts certains pour tous les Algériens.

Par Abdelmadjid Blidi