jeudi , 2 avril 2020

Covid 19, un terrible frein à la dynamique économique et sociale

«Il faut nous attendre au pire». Cette terrible déclaration du Ministre de la santé qui annonçait le passage à la phase 3 dans la lutte contre la propagation du coronavirus ne pouvait qu’accentuer le climat d’inquiétude, voire d’angoisse et de désarroi face à l’épidémie. A Oran, selon plusieurs témoins, l’activité sociale ordinaire a baissé de plusieurs crans. Les rues, notamment au centre ville, ne connaissent plus d’encombrement de la circulation et les trottoirs semblent beaucoup moins encombrés, voire même désertés par les habitants qui répondent de plus en plus au mot d’ordre «restez chez vous». La ville d’Oran, El Bahia la joyeuse, semble de jour en jour plongée dans une curieuse ambiance de morosité et de «repli sur soi», ou chacun attend Demain sans trop savoir ce qu’il faut croire, ni même parfois ce qu’il faut faire, sinon espérer et pour certains …prier. Les «mauvaises langues» locales, si friandes de débats, de critiques et de polémiques, ne se rencontrent plus au café des jérémiades, fermé lui aussi en raison de l’épidémie. Seuls internet et les réseaux sociaux servent de moyens d’échange et de commentaires de toutes sortes et de toute nature, des plus pertinents aux plus débiles et ridicules. Mais tous axés sur la propagation du Covid-19 et les mesures de lutte et de prévention dictées par le gouvernement et les experts. Malheureusement, sur les réseaux sociaux, un grand nombre d’intervenants, peu crédibles, voulant surtout mettre en avant leur propre image et leur discours, perturbent la communication et les messages de mobilisation devant être sérieusement respectés par la population. Les interprétations, et parfois les fausses nouvelles, s’ajoutent aux grotesques inepties, publiées parfois au registre de l’humour et de l’amusement. Sans parler de la rumeur propagée à travers des «posts» et des commentaires visant à semer le doute et à aggraver le désarroi au sein d’une majorité de citoyens inquiets et apeurés par la propagation du virus et de ses conséquences sur leur vie quotidienne. A Oran, comme sans doute ailleurs, ce COVID 19 à réussi à freiner toute dynamique sociale, culturelle, et surtout économique, risquant, affirment des observateurs avertis, de porter un coup fatal aux délais et aux échéances fixés pour la réception des projets en cours de réalisation ou de finition. Fatalement, on ne peut que s’interroger et s’inquiéter de l’avenir immédiat des actions et opérations engagées à Oran pour préparer de grands événements sportifs tels que les jeux méditerranéens. Déjà pénalisés par les retards et les improvisations propres à la fatalité oranaise, bon nombre de projets et d’opérations, des plus importants aux plus accessoires risquent de connaitre des rallonges de délais, voire des «mises en veilleuse» pour restriction des dépenses en raison de la forte baisse des recettes nationales que l’on connait actuellement.
Par S.Benali