vendredi , 23 août 2019

Crainte et inquiétude des boulangers…

Sur les 60 minoteries que compte la Wilaya d’Oran, un peu plus de la moitié sont concernées par la décision de fermeture annoncée dans le cadre de l’assainissement et de la régulation des marchés de la filière céréales. Pour rappel, cette décision de fermeture de ces minoteries a été prise par les pouvoirs publics contre des opérateurs accusés de «surfacturation» et de «fausses déclarations». Intervenant à ce sujet sur les ondes de la radio locale, le directeur du Commerce de la wilaya d’Oran a tenté d’expliquer les mesures qui seront prises «pour éviter toute rupture ou perturbation dans l’approvisionnement du marché». Il a ainsi indiqué qu’un «plan d’action sera mis en place pour approvisionner les boulangers « en coordination avec le groupe public Agrodiv».
Commentant l’information, des observateurs avisés ne cachent pas leur inquiétude face à une forte baisse de l’offre de produits indispensables à la fabrication du pain par les boulangers. «Il est bien évident que la fermeture de la moitié des minoteries provoquera un fort déséquilibre sur le marché, entrainant éventuellement des pénuries. Les capacités de production et de stockage des moulins du groupe Agrodiv suffiront-elle à absorber et répondre à la demande dans de bonnes conditions? Un programme a été notifié aux boulangers de la wilaya, leur indiquant les points de vente ou ils devront s’approvisionner à travers les différentes Daïra.
Un approvisionnement en farine qui sera encadré et contrôlé, «les boulangers devant présenter une copie du registre de commerce et de la carte d’identification fiscale». Même l’Union des boulangers d’Oran, relevant de l’UGCAA, s’implique dans les opérations d’approvisionnement et invite les boulangers à se rapprocher de ses bureaux pour les orienter vers les points de vente.
Tout, dans la forme et le contenu de ces informations, indique que l’on s’achemine vers un déficit de l’offre de produit pouvant perturber le marché, voire, entraîner des ruptures de stocks et des pénuries chez les boulangers. Une «crise du pain à Oran, ironisent les mauvaises langues, ne serait qu’un pavé supplémentaire dans la mare des contraintes et des désagréments vécus par les oranais depuis des années…». Pourvu qu’elle soit de courte durée…

Par S.Benali