samedi , 25 mai 2019

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Critiques et propositions

Maintenant que le président sortant a fait ses annonces de sortie de crise, les regards se tournent vers les partis politiques de l’opposition et des personnalités nationales qui sont appelés à sortir de leur étroite critique contre ces décisions et de mettre sur la table de vraies contre-propositions de leurs visions, à eux, des mécanismes de sortie de crise.
Tout cela se fait et se fera sous la surveillance citoyenne de la rue qui reste mobilisée et attentive à tous les développements qui sont à venir. Le rue n’a jamais voulu prendre le pouvoir, mais a demandé un changement du pouvoir qui répond aux attentes de la majorité du peuple. Elle est toujours là à maintenir la pression et attend des acteurs politiques divers qu’ils prennent les choses en main et avancent dans la voie des solutions qui garantiront une transition calme et sans violence.
Ressasser à longueur de journée, de plateaux tv et de manchettes, que les solutions du président sortant ne sont que ruse, et prolongement du quatrième mandat ne suffisent pas. Car ce qu’il faut maintenant c’est d’avancer dans ce sens qui veut que l’appel de la rue pour un changement radical soit entendu et surtout mis en pratique. Et pour ce, il faut avancer des solutions et prendre les devants. On ne peut se cacher éternellement derrière la magnifique mobilisation de la jeunesse et jouer la séduction de bas étage en espérant être porté par cet élan pour assouvir ses seules ambitions.
Il s’agit de savoir garantir cette transition qui s’annonce, en terminant avec l’ancien système, mais en préservant la continuité de l’Etat, sans tomber dans le vide institutionnel, et en garantissant le suivi de la gestion du quotidien de la population que ce soit sur le plan de l’administration, de l’éducation, de la santé, de la sécurité et d’autres secteurs vitaux pour les Algériens. La disparition du système est une revendication commune du changement voulu par les citoyens, mais l’effondrement de l’Etat est un danger mortel pour tout le pays.
Et c’est devant cette délicate phase que le pays a besoin de gens sensés et capables de discerner les choses. Les Algériens se sont mobilisés durant toutes ces semaines pour vivre mieux, pour une vraie démocratie, pour un avenir meilleur, pour le respect du citoyen, pour des changements politiques profonds, pour que leur voix ne soit jamais usurpée, pour une justice équitable. Alors que les politiques et les hommes influents soient à la hauteur de ces aspirations populaires profondes, sincères et légitimes.

Par Abdelmadjid Blidi