lundi , 20 janvier 2020

Culte des improvisations et la fatalité des échecs

Les services de la Sonelgaz de la wilaya d’Oran ont publié il y a quelques jours un «communiqué de presse» dénonçant «les agressions et les empiétements du réseau d’électricité et de gaz causant un gros préjudice financier et technique à la société et ses abonnés». «Nous recensons en moyenne 20 agressions par mois du réseau électrique et gaz causées essentiellement par des travaux dans des chantiers de BTPH. La quasi-totalité des entreprises de bâtiment ne respectent pas la réglementation et procèdent à des travaux sans consultation des services techniques de la Sonelgaz» indique le communiqué de la Sonelgaz adressé aux autorités locales. Expliquant que ces «agressions» répétées sont à l’origine de la détérioration du réseau, qui a été réhabilité récemment, les responsables de Sonelgaz à Oran soulignent que cela porte «un grave préjudice aux abonnés». Mais au delà des dépenses pour les travaux de réparation de conduites ou de câbles sous-terrain détériorés par des opérateurs peu scrupuleux des règles d’intervention sur le tissu urbain, la Sonelgaz pointe surtout du doigt un grand nombre de projets lancés sur des terrains qui empiètent sur les espaces réservés aux installations énergétiques et qui souvent, ne respectent pas les limites du périmètre de protection et de couloir de sécurité. Une réalité, devenue des plus banales et des plus courantes, forgée on le sait par l’ampleur des tâtonnements et du déficit de maturités marquant la réflexion et les études de bon nombre de projet. Pour une fois, les responsables locaux de la Sonelgaz à Oran, ont le mérite, ou le courage, d’interpeller les pouvoirs publics pour tenter de mettre un terme à ces pratiques contraires à toute notion de rigueur et de modernité dans l’étude et la réalisation d’un projet. Commentant cette information, les «mauvaises langues» locales attablées autour d’un café, s’empressent de citer des exemples de réalisation d’infrastructures, routes ou bâtiments publics, dont le sous-sol serait à ce jour traversé par de grosses conduites de gaz et réseau sous-terrain d’électricité de très haute tension. On sait, pour l’exemple, que les grands pylônes et les câbles aériens qui traversaient la zone de la frange marine et ont empêché à l’époque la construction de la grande mosquée prés du pont Zabana, ont été finalement enterrés tandis que plusieurs projets, dont trois grands hôtels et quatre grandes tours promotionnelles, ont été construits sur ce périmètre. On peut légitimement se demander qui décide de quoi dans cette grande cité oranaise soumise depuis toujours au culte des improvisations et à la fatalité des échecs.

Par S.Benali