vendredi , 23 août 2019

Coup d’envoi de la 11ème saison professionnelle :
Dans l’esprit du triomphe égyptien

Il n’y a que deux puissances dans le monde: le football, cette drogue planétaire et l’esprit, l’instrument de la gagne…ou de la déchéance. Nous entamons à compter de ce jeudi 15 août 2019, la onzième édition du championnat qualifié d’élitiste, mais qui, depuis l’année 2010 et son mondial africain, n’a qu’accessoirement alimenté la sélection nationale de football.
Comme tous les scénarios dressés par les institutions compétentes, Ligue Professionnelle, FAF, services de sécurité, nos atypiques Sociétés Sportives Par Actions, ce coup d’envoi qui va illuminer les surfaces vertes en ce long week-end, prend valeur de repère. Nous n’oublierons pas de sitôt la dernière mouture de la compétition professionnelle, entachée de violence, de coups fourrés perlés de manigances, d’arrangements, de frasques à la sauce causa nostra, d’invectives et même de brutalités verbales entre présidents de clubs. Notre championnat a connu historiquement des troubles venus de la mondialisation de la violence dans les stades. Mais celui de l’année 2018/2019 se situe bien au-delà des modèles négatifs accumulés précédemment. Combien même si sur les terrains de jeux, cet exercice laborieusement bouclé sans dégâts irréversibles nous a produit de grands mais rares moments techniques, parfois aussi quelques fresques footballistiques. Des éclaircies dans la grisaille prémonitoires d’un futur sage et esthétique de notre sport roi.
A présent, pourrons-nous donc jouir sans entraves de ce 58ème championnat de football ? Je rappelle déjà que la contestation pacifique qui avait débuté dans tout le pays un 22 février 2019, donc au plus fort de la compétition, n’a aucunement influé sur le cours du calendrier footballistique, bien au contraire. Dans un respect mutuel inné, les marches pour la dignité et le changement n’évoquaient pas les rendez-vous sportifs, et vice versa. Le phénomène naturel d’osmose entre les deux actualités a considérablement préservé les mouvements festifs dans les grandes artères des villes le vendredi et au sein des parcs omnisports chaque samedi. Jusqu’à preuve du contraire, l’Algérie du football et de la politique, feront donc bon ménage cette saison. Les supporters des 16 clubs professionnels seront de nouveau happés par les tourbillons où leurs équipes les entraineront en dansant. Dans le sillage de l’explosion de joie libérée par le triomphe de la Coupe d’Afrique des Nations, l’euphorie est de retour, sur fond de la nostalgie égyptienne.
Mais dans quelles conditions d’organisation, de préparation et de mentalité pour les 16 écuries de la Ligue 1 professionnelle débutera cette nouvelle aventure ? En remontant vers ces 16 turbines, se perçoit un déséquilibre effrayant entre des équipes traditionnellement bien structurées, toujours nanties et fin prêtes à l’heure du starter.
Un énorme fossé sépare les candidats à la succession de l’USM Alger, sacrée en juin dernier pour la huitième fois. Regroupement en vert, stage relevé de mise à niveau, matches test d’application, seules les cuvés les plus professionnelles aborderont la compétition en pleine possession de leurs moyens. L’USMA, la JSK et le CRB par exemple vivent déjà au rythme des matches officiels internationaux. Ces formations ont toutes remporté leurs premiers matches de préliminaires de coupe d’Afrique, ce qui ne relève pas de la chance. Elles travaillent toujours avec les normes internationales, comparativement à la majorité de leurs vis-à-vis qui entament régulièrement leurs années noyées dans les difficultés financières, dans les atermoiements d’effectifs, dans la misère des moyens et surtout, surtout, l’inévitable anachronisme de la guerre des clans. La meilleure illustration de ces petites cylindrées constamment engluées dans les mêmes problèmes récurrents vient du Mouloudia d’Oran et de l’USM Bel-Abbès. Le hasard fait que ces deux équipes se rencontreront dès ce lever de rideaux 2019/2020, ce samedi 17 à 20H45 sur la pelouse du stade Ahmed Zabana. Ce qui intéresse le plus les observateurs et les deux galeries concernées dans ce derby, c’est moins le côté sportif que la gestion d’entreprise et financière, où chaque maladresse, chaque erreur réduit l’image de marque de club. D’ailleurs, la majorité des clubs de l’ouest et de l’est du pays donnent l’impression d’être limités en connaissances de gestion du football professionnel. Ce qui impacte considérablement sur les prestations et les résultats chiffrés de l’équipe.
Pour toutes ces entreprises en mal d’équilibre réel et permanent, démarre une autre saison pour diffuser une image plus conforme à leur passé. Les choses sérieuses commencent.
Par Fayçal Haffaf