samedi , 23 novembre 2019

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De la France au Liban…

Les graves émeutes qui secouent plusieurs villes libanaises viennent faire écho aux affrontements violents qui opposent les jeunes indépendantistes catalans à la police espagnole sur fond de condamnation à de lourdes peines d’activistes séparatistes. Au Liban, c’est la classe politique qui est «vomie» par les manifestants, tout aussi déterminés, face à un service de sécurité très musclé. Ces deux évènements montrent, si besoin, que le malaise est on ne peut plus généralisé à l’échelle de la planète. Et pour cause, ces troubles ont éclaté juste après d’importantes émeutes en équateur, en France et à Hong Kong. Dans les pays encore «chauds», comme l’Espagne et le Liban, jusqu’à hier en fin de matinée, la situation était encore très tendue. Les autorités de ces pays, comme avant eux de la France et de Hong Kong voudraient faire la démonstration de la solidité du système en toutes circonstances. Mais il est un fait désormais indéniable, c’est qu’aucun Etat ne peut se targuer d’une stabilité à toute épreuve. Des émeutes éclatent là où on ne les attendait pas. Les motifs des explosions sociales sont très diverses, mais le résultat est quasiment le même aux quatre coins de la planète, à l’exception de l’Algérie où les citoyens et les autorités semblent avoir signé comme une sorte de deal. Sortie de cette exception, force est de constater que le monde est loin d’être stable.
Comment se comportent donc les pouvoirs occidentaux et orientaux confrontés à la crise ? La réponse est on ne peut plus évidente. Les autorités soufflent le chaud et le froid sur les manifestants. Elles ne veulent certainement pas que l’on donne une dimension politique aux émeutes. Un air de dire que ce qui arrive chez-eux s’est produit, il n’y a pas si longtemps dans des pays-temples de la démocratie. Des « accès » de colère, il y en a partout dans le monde, les démocraties modernes comme celle qui a cours en Espagne, en France ou au Liban n’est pas à l’abri, pourrait-on affirmer sans trop de risque de se tromper.
Les gesticulations politiciennes des Etats sont destinées tant à la consommation interne qu’externe. Les gouvernants, dont l’arrivée au pouvoir dans leurs pays est fonction de scrutins, mais également de lobbies, se doivent de contenter les uns et les autres. Cela pour dire que la relativité est partout. Il n’existe pas un modèle parfait de démocratie. Chaque société construit le sien, avec ses joies et ses peines. Pour ce qui concerne l’Algérie, l’œuvre populaire est formidable, le comportement de l’Etat est salutaire, mais le chemin vers la démocratie reste encore long. On peut même prédire, sans risque d’être démenti d’autres soubresauts dans plusieurs années, quelque soit l’issue de la phase difficile que traverse présentement la Nation. La morale de l’histoire est qu’une démocratie parfaite n’existe pas, de même que le bonheur éternel.

Par Nabil.G