lundi , 21 octobre 2019

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De la joie en plus…

C’est aujourd’hui, le grand jour que nous attendions avec, disons-le, un peu d’appréhension. C’est quitte ou double… Ou les Verts confirment leurs belles prestations et nous replongeons, la tête la première dans un beau rêve éveillé, fait de concerts de klaxons, de bonne humeur et de joie de vivre retrouvée. Les «One two tree viva l’Algérie », les jeunes filles dehors à des heures pas possible en dehors du Ramadhan, des dames qui redécouvrent les vertus des youyous… enfin tout une société en transe, dans un monde parallèle où les plus riches partagent la même joie simple d’un peuple qui festoie.
La comparaison pourrait paraître exagérée, mais une qualification aux demi-finales de la Coupe d’Afrique des nations sera vécue comme une petite révolution pacifique. Tout le monde, même les prisonniers qui attendant leur procès pour détournement de denier publics, caressent ce rêve. Et bien oui, un séjour carcéral est plus supportable lorsqu’il est ponctué par des évènements d’envergure nationale qui soulèvent tout un peuple. L’on a «expérimenté » pareilles sensations en 2009 et 2010. Et l’on avait constaté que les prisonniers de droit commun sont entrés en communion avec les autres, ceux qui se sentaient déjà en prison du seul fait de vivre dans un pays qu’on ne peut quitter qu’en risquant sa vie sur une embarcation de fortune. La révolution pacifique, on n’en rêvait même pas, à l’époque. Mais le désir de liberté et la recherche de la fierté d’être Algérien étaient dans leur peau.
Pendant les grands moments qui durent quatre vingt dix minutes et qui se prolongent ensuite sur des jours et des jours, en cas de bonne prestation des Verts, tous les citoyens, quelque soit leur condition de vie et leur statut social, entrent en connexions entre eux et avec ces Algériens qui acceptent leur destin et qui vivent de petites joies et de petits malheurs.
Pour cette catégorie de citoyens qui est largement majoritaire dans le pays, un bon parcours des Fennecs est à mettre dans la case «petites joies » qu’on adore partager avec tout le monde. Et cette connexion est magique puisqu’elle permet d’insuffler les «petites joies » des petites gens dans le corps social algérien. Et tout le monde en ressent les effets positifs. C’est certainement pour cela que nous appréhendons le match d’aujourd’hui.
C’est dire que la confrontation face à la Côte d’Ivoire n’est pas une histoire de récupération politicienne, ni un moment de joie passagère, mais un signal que les Algériens attendent pour se donner la force de croire en un avenir véritablement meilleur qu’un présent plutôt compliqué, même s’il est le fruit d’une révolution pacifique dont tout le monde est fière en Algérie.

Par Nabil.G