vendredi , 23 août 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Annoncé hier par le ministre de l’Intérieur</span>:<br><span style='color:red;'>De nouvelles missions pour la police</span>
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Annoncé hier par le ministre de l’Intérieur:
De nouvelles missions pour la police

Faut-il renforcer ce corps avec de nouveaux éléments ? Comment se fera la mue du policier ? Y’aura-t-il de nouvelles brigades spécialisées ? Autant d’interrogations que se posent les observateurs, au moment où les citoyens restent attentifs à ces développements.

L’action des policiers algériens débordera du strict cadre sécuritaire pour embrasser d’autres préoccupations liées au bien être du citoyen. Une nouvelle mission, dont les bénéfices seront bien entendu récoltés par la société dans son ensemble, mais également dans le corps de police lui-même, pour lequel ces nouvelles missions auront pour impact d’améliorer l’image de la police auprès de l’opinion et, partant, faciliter les missions du policier à tout point de vue. L’équation n’est pas évidente à résoudre, puisque d’autres pays s’y sont essayés sans grand succès. En tout cas, le ministre de l’Intérieur, Salah Eddine Dahmoune, semble avoir un plan viable et a affirmé travailler en coordination avec la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) pour «insuffler une nouvelle dynamique au corps de la police et lui confier de nouvelles missions dans divers domaines». Le propos est donc assez important pour que le ministre s’y attarde, dans une déclaration publiée sur son compte Facebook. L’on apprendra que la démarche repose sur un socle juridique puisque reposant sur une convention signée récemment avec le ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière. Le document est, on ne peut plus clair, tout en étant quelque peu révolutionnaire en soi, puisqu’il donne à la police de proximité la mission «de prendre en charge le volet lié à la santé des citoyens». De fait, il sera procédé «à la formation des cadres devant être en contact direct avec les citoyens dans ce volet précis», annonce le ministre sur son compte facebook. Il est évident qu’il faille expliquer ces nouvelles missions aux citoyens pour qu’ils sachent de quoi il en retourne.
Il faut savoir que la santé n’est pas le seul domaine d’intervention de la police. Le ministère de l’Intérieur a, en effet, annoncé la création de «la spécialité protection de l’environnement relevant directement de la police judiciaire», notant dans cet ordre d’idée, que «le Gouvernement a pris récemment une série de décisions relatives à la protection de l’environnement, lesquelles doivent être accompagnées d’actions anticipatives et préventives menées par les autorités publiques, en premier lieu la police, en vue de dissuader toute personne qui tenterait de porter atteinte à l’environnement ou à la santé du citoyen».
Le but du redéploiement des services de sécurité, est de se rapprocher des Algériens. Le ministère est conscient du fait qu’il faut «accompagner la police dans le domaine professionnel et les affaires sociales dans la perspective de hisser ce corps au niveau des aspirations de ses éléments, en fonction des moyens offerts et des priorités définies», a affirmé le ministre de l’Intérieur.
M. Dahmoune a salué «les efforts colossaux consentis par les agents de la sûreté» et le «haut sens de professionnalisme», dont ont fait montre les affiliés au corps de la police, «notamment ces quelques derniers mois, en dépit des difficultés et des complots ourdis contre ce corps de la sûreté nationale».
«Le traitement des évènements par les agents de la police sur le terrain se veut une application de la formation théorique reçue, ce qui dénote le professionnalisme de ce corps», a-t-il précisé, notant que «le premier objectif des services de sûreté consiste en la préservation de la sécurité du citoyen et de ses biens, et nous aspirons à nous mettre au diapason des corps de sécurité des pays développés dans tous les domaines, et ce, avec la conjugaison des efforts de tous». Cela étant, la principale question qui se pose, est de savoir si ces nouvelles missions n’affecteront pas les interventions traditionnelles de la police. Faut-il renforcer ce corps avec de nouveaux éléments ? Comment se fera la mue du policier ? Y’aura-t-il de nouvelles brigades spécialisées ? Autant d’interrogations que se posent les observateurs, au moment où les citoyens restent attentifs à ces développements.
Anissa Mesdouf