mardi , 19 juin 2018

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Derrière la propagande triomphante

Poignée de main historique, une réunion honnête directe et productive, un tournant pour la région. Des superlatifs à vous habiller tout un chapelet pour mettre en évidence ce qui semble être aujourd’hui le premier et le seul triomphe diplomatique du président américain. Une victoire sur laquelle toute la machine propagandiste ou de communication américaine s’est mise en marche de manière totale et entière.
Mais au fond, il ne s’est pas passé grand-chose, et contrairement à tout ce qu’on veut nous faire croire, c’est bien le leader coréen qui sort gagnant de ces derniers développements. Il faut dire que c’est lui qui a imprimé le rythme de cette subite ouverture sur le monde extérieur. Depuis, les jeux olympiques de Pyeong Chang en Corée du Sud, il a commencé à lâcher du lest et à amorcer un rapprochement spectaculaire avec Séoul qui s’est terminé par un sommet coréen historique celui-là aussi. Ensuite, c’est bien lui qui a lancé les signaux verts envers Washington et Trump pour une éventuelle rencontre. Une rencontre qui a fini par avoir lieu, malgré un petit passage de tempête et d’insultes entre les deux hommes.
Mais avant cela, il faut se rappeler que c’est toujours Kim Jong un qui a fait trembler la région et le monde en s’adonnant à une série d’essais d’armes nucléaires et balistiques qui ont mis les forces militaires américains en alerte maximum. Pyongyang signifiait clairement à Washington que l’Amérique n’est pas aussi loin que cela de sa puissance de feu. Ce qui a eu le don d’énerver les Américains, mais aussi et surtout de leur faire prendre conscience qu’ils sont là devant un sérieux client, qu’il s’agit d’écouter très attentivement. Et puis il y eut cette subite ouverture et les Américains et leurs alliés n’ont pas tardé à s’y engouffrer et à tenter de transformer l’essai.
Ce lundi donc, les Américains donnent l’impression d’avoir gagné ce round et arracher du leader coréen un engagement clair d’une «dénucléarisation complète de la péninsule coréenne». Il faut dire que c’était là le but de toute la manœuvre américaine, mais ce qu’on ne nous dit pas dans toute la presse occidentale qui ne rapportait que les déclarations de Trump, c’est ce qu’a exigé Kim. On ne le saura pas tout à fait, mais le risque n’est peut-être pas que là, mais dans l’attitude à venir de Trump qui nous a habitués à revenir sur les engagements et les traités signés par son pays sans aucun état d’âme ni respect aux us diplomatiques ou conventions internationales.
Par Abdelmadjid Blidi