mardi , 7 avril 2020

Des «administrateurs» de plages…

La préparation de la saison estivale a été comme chaque année, entamée avec les mêmes discours affichés, sur la volonté d’accueillir les estivants, dans les meilleures conditions possibles, le long des plages des communes côtières concernées. Mais la «nouveauté» pour cette saison sera la désignation et l’installation des administrateurs, chargés du suivi, de l’entretien et de l’organisation de l’espace public sur les plages. L’idée, vieille de trois ou quatre ans, suggérée par le ministère de l’Intérieur, a donc été mise en oeuvre à Oran, sous l’impulsion des élus locaux de l’APW, qui pensent avoir découvert là, la solution-miracle au chaos estival, qui règne ici chaque année. En désignant un agent public, baptisé «Monsieur Plage», la commune veut en fait, déléguer ses missions et attributions, à un seul présumé responsable de plage, en mesure de coordonner les actions d’entretien, de maintenance, d’occupation des parcelles de sable et de prévention des incidents, entre les différents intervenants. Et il est précisé, que cet administrateur sera surtout «chargé de signaler au quotidien, tout manquement ou insuffisance, en termes d’hygiène, de quiétude et de sécurité des périmètres balnéaires». Ce qui, en d’autres termes, atteste bien de l’incapacité des gestionnaires communaux, à pouvoir assumer euxmêmes, cette responsabilité élémentaire liée à leur mandat. Si le Maire d’une commune, lui-même souvent présent le long des plages, relevant de son territoire, n’est jamais parvenu à instaurer un minimum d’harmonie et de discipline, dans l’exploitation de ces espaces, comment croire qu’un agent anonyme, puisse réaliser ce miracle, attendu depuis des décennies. L’installation d’un administrateur de plage, pour la durée de la saison estivale, vient en réalité combler, le grand déficit en matière d’organisation et de fonctionnement des APC côtières, en panne de culture et d’engagement, en matière de promotion du tourisme estival. Sous d’autres cieux, comme à Bordeaux, la ville jumelée avec Oran, il existe non pas un «Monsieur plage», mais toute une direction technique, dotée de moyens humains, matériels et financiers, chargée spécifiquement, des zones côtières et touristiques de la façade atlantique. Une équipe de spécialistes compétents, installée en permanence au chevet des plages, pour veiller au respect du cadre, des normes et des lois, que tout le monde respecte. Il se trouve que dans nos communes, cette culture de la citoyenneté et du respect des règles, organisant le cadre de vie collectif, est loin d’être présente. Elle semble même rejetée et combattue, par une faune d’énergumènes incultes et ignares, obsédés par la seule course au gain facile et aux activités illicites. Malgré les efforts fournis, pour améliorer l’accueil et le cadre de séjour des estivants, des défaillances et des dépassements récurrents sont relevés, chaque saison estivale. En quoi un Monsieur plage serait-il plus compétent ou plus malin, pour réussir à interdire l’occupation abusive de l’espace, par le mobilier des plagistes autoproclamés, les jets-skis menaçant les baigneurs, le vandalisme des équipements sanitaires, et bien d’autres dérives et désagréments, connus par tous les responsables ?

Par S.Benali