mardi , 2 juin 2020

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Des attentes et des ambitions partagées

La modernisation de la ville d’Oran et la restauration de son «image de marque», relève depuis des années, d’un rêve inaccessible face aux entraves et aux nombreuses carences souvent liées au déficit de rigueur, de compétences, et de responsabilité citoyenne qui pénalisent le terrain des actions locales dans tous les domaines. A l’exception des grandes façades urbaines et des grandes infrastructures réalisées ici et là, ces vingt dernières années, la cité oranaise a du mal à s’inscrire résolument dans le grand des métropoles méditerranéennes digne de ce nom. Oran, il est vrai, a bénéficié d’importants crédits permettant entre autres, de renforcement le parc de logement, de lutter contre l’habitat précaire, ou de réduire les déficits en matière d’infrastructures dans tous les domaines, des écoles au centres de santé en passant par les grands hôtels, les stades ou les commissariat de police. Mais en termes de structuration de la croissance urbaine, d’amélioration du paysage et de maintenance élémentaire de la ville à travers les quartiers, le défi est loin d’être gagné, malgré les efforts indéniables et les engagements des responsables en charge de la gestion des affaires locales. Les opérations de réhabilitation du vieux bâti, l’éradication des bidonvilles, la promotion du tissu industriel à travers les périphéries de certaines communes, la mise à niveau des zones d’activités, la modernisation du port et le projet d’extension de l’aéroport qui ne cesse de cumuler des retards, et bien d’autres projets initiés dans les secteurs des infrastructure routières, des sports, de l’éducation et de l’enseignement supérieur, connaissent les sempiternelles contraintes bureaucratiques et «aléas» de gestion, sources de retards, d’arrêts de chantiers ou de report de l’opération. Il est illusoire d’affirmer que tous les efforts engagés pour le lancement de grands chantiers vont permettre d’assurer un avenir «moderne» à la ville d’Oran, pénalisée par trop de facteurs exogènes qui ne sont pas toujours pris en compte dans les études et les expertises techniques indispensables à la démarche. les observateurs septiques indiquent souvent, non sans une pointe d’ironie, qu’il faudrait placer un Wali à la tête de chaque daïra, de chaque Commune, de chaque quartier et de chaque chantier pour pouvoir espérer une amélioration de l’état des lieux et une réussite des actions engagées, dans les délais et le respect des normes de qualité. Dans certaines communes, notamment Es-sénia et Ain El turk qui reflètent le futur économique et touristique de la région oranaise, beaucoup ne cessent de dénoncer la désinvolture et l’incompétence affichée par certains acteurs de passage incapables d’assumer leur rôle et leur mission. Des communes, porteuses d’espoirs de développement de l’industrie et du tourisme moderne, mais qui restent encore «gérées» comme un simple petit hameau rural. Ici, un peu plus qu’ailleurs, l’effort et l’engagement doit être à la hauteur des attentes et des ambitions partagées. Le choix des Hommes, pour le succès de la démarche de modernisation initiée, reste un paramètre vital qui ne peut plus être occulté…
Par S.Benali