vendredi , 15 décembre 2017
<span style='text-decoration: underline;'>Programme « projets d’innovation EU 2020 »</span>:<br><span style='color:red;'>Des chercheurs évoquent le manque de financement</span>
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Programme « projets d’innovation EU 2020 »:
Des chercheurs évoquent le manque de financement

Organisée, hier, au siège du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, à Alger, la journée d’information sur le programme européen 2020, est une occasion pour les chercheurs algériens de soulever la question lancinante du manque de financement pour les projets d’innovation.

Présentant le programme de recherche ainsi que les différentes opportunités de collaboration sous le programme-cadre de l’UE à l’horizon 2020, par lequel deux projets avec une participation algérienne qui ont déjà été financés, les chercheurs ont soulevé une question majeure pour eux concernant le financement de ces projets, à commencer par les salaires des travailleurs, le transport (billets, déplacement) et aussi l’acquisition des équipements pour les centres). Pour eux, la loi algérienne interdit ce genre de financement. Mais la réponse du Dr. Labed Sifeddine, directeur de la recherche, de l’innovation et de transfert technologique au ministre de la Recherche scientifique, était très claire, disant que la problématique ne se réside pas dans la réglementation, mais plutôt d’une institution à une autre. «Les projets européens ont des règles à respecter certes, mais en contrepartie les lois algériennes exigent qu’un fonctionnaire ne peut pas avoir deux salaire à la fois», a-t-il expliqué. M. Sifeddine a précisé : «l’argent reçu par les chercheurs dans ce cadre de ces projets est considéré comme des primes car le dudit projet ne dure pas dans le temps.». Il conclue par dire que les procédures sont pratiquement les mêmes que les projets lancés par les laboratoires de recherches nationaux. Pour sa part, Mokhtar Sellami, de la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT) a affirmé que jusqu’aujourd’hui «il n’y a aucun contentieux entre l’Algérie et l’UE en matière du financement de ces programmes». Quant à elle, Mme Cristina Russo, directrice de la coopération internationale et directrice générale de la recherche et de l’innovation au niveau de la commission européenne, a souligné l’existence de volonté politique des deux côtés pour approfondir cette coopération. Elle a également insisté sur l’existence de moyens pour réussir ces projets. Le développement de la recherche scientifique, selon Mme Cristine, ne se réalisera qu’avec l’exploitation de toutes les compétences des deux rives. «Il faut se mettre ensemble pour trouver les meilleures solutions aux problèmes de l’humanité», a-t-elle souligné avant d’ajouter : «le renforcement de la coopération se concrétise avec des actions concrètes sur le terrain». L’intervenante affirme que le taux de succès des projets des Algériens est estimé à 23%, tandis que ceux des européens ne dépassent pas les 13%. Ainsi, souligne-t-elle, il est nécessaire de profiter de ces compétences. Il s’agit en effet de 4 projets dont 2 sont déjà signés tandis que les 2 autres sont en voie d’étude. A propos du budget global du programme 2020, l’intervenante a fait savoir qu’il est estimé à 80 milliards d’euros. L’objectif principal de cette conférence est d’informer la communauté algérienne de la recherche et de l’innovation sur les opportunités qu’offre le programme de recherche et innovation Horizon 2020.

Wahida Oumessaoud